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Archives de Catégorie: Compositions

The flacon code

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S’il est une chose que j’adore faire depuis que j’ai commencé ce blog, c’est bien les analyses de compositions. Si j’avais pas peur de vous saouler avec ça, je vous en sortirais une nouvelle toutes les semaines, y a tellement de choses à découvrir ! Selon les dires des deux seules personnes à avoir commenté l’article précédent (merci ❤ ), il semblerait  que ce soit apprécié, au moins par elles. C’est vrai que c’est toujours appréciable de savoir ce qui se cache derrière tous ces noms barbares que je regardais d’un œil intrigué quand j’étais petite. Evidemment, maman n’avait aucune idée de ce qu’ils désignaient et j’ai donc appris à ne pas me poser trop de questions et à faire confiance au fabricant de mon Garnier ultra doux à la camomille et de mon Tahiti à la noix de coco. Après tout, si on avait le droit de le vendre aux gens, c’est que ça ne posait pas de problème.

 

Hin hin.

 

Aujourd’hui donc, nous allons apprendre à être indépendants. Car croyez-le ou non, je ne suis pas née avec un doctorat de chimie dans la poche. En même temps j’avais pas de poche quand je suis née, donc ça aide pas. Bref. J’ai dû moi-même faire mes propres recherches et apprendre à aller trouver l’info là où elle se cache. Honnêtement, ce n’est pas si compliqué que ça. C’est relativement long selon la taille de la liste INCI de votre produit, mais c’est assez simple quand on a les bonnes clés.

 

Allez, c’est parti !

 

Comment je fais pour décrypter une composition ?

 

La liste d’ingrédients d’un produit cosmétique se trouve la plupart du temps au dos du flacon/tube/whatever ou sur l’emballage sous le nom INCI. INCI signifie International Nomenclature of Cosmetic ingredients, autrement dit nomenclature internationale des ingrédients cosmétiques. C’est une norme obligatoire en Europe depuis 1998 qui dit que tous les ingrédients d’un produit cosmétique doivent être relatés, par ordre décroissant de leur quantité. Autrement dit, plus en ingrédient est haut dans la liste, plus sa quantité est importante. En revanche, en dessous de 1% de concentration, les ingrédients n’ont pas à être dans l’ordre. C’est ce qui fait que les conservateurs sont la plupart du temps à la fin alors qu’ils sont souvent en plus grande quantité que certains actifs.

 

Pour ma petite démonstration, je me suis dit que ce serait intéressant de choisir un produit de pharmacie dit doux pour la peau : Atoderm gel douche, de la marque Bioderma, dont voici l’INCI :

AQUA/WATER/EAU, SODIUM LAURETH SULFATE, COCO-BETAINE, SODIUM LAUROYL SARCOSINATE, GLYCERIN, METHYLPROPANEDIOL, MANNITOL, XYLITOL, RHAMNOSE, FRUCTOOLIGOSACCHARIDES, COPPER SULFATE, SODIUM CHLORIDE, COCO-GLUCOSIDE, GLYCERYL OLEATE, DISODIUM EDTA, CAPRYLOYL GLYCINE, CITRIC ACID, SODIUM HYDROXIDE, FRAGRANCE (PARFUM). [BI 548V1]

Ce que je fais dans un premier temps, c’est lire la liste en diagonale. Ça me permet de juger de la qualité globale de la composition en y repérant les ingrédients que je connais à force de recherches. Vous aussi vous le pourrez bientôt 😀

Bon, en premier lieu, on a de l’eau, ce qui est tout à fait normal pour un produit liquide. Pas besoin de chercher, on sait ce que c’est. ^^

En deuxième position, on a notre ami sodium laureth sulfate. Lui, vous le connaissez, je vous en ai déjà parlé. Quand on le voit, on fuit. Mais avec le peu que je vous ai dit sur lui, il serait légitime de vouloir faire sa connaissance!

Je fais appel à mon ami Google, et voici ce que j’obtiens :

Compo1

Une belle liste de résultats. On va s’intéresser aux premiers d’entre eux. D’abord, notre ami wiki.

L’intro nous dit : « Le lauryl éther sulfate de sodium ou laureth sulfate de sodium, est un détergent et surfactant ionique fort, couramment utilisé en biochimie et biologie moléculaire. »

Bon, c’est un détergent fort. On pourrait se contenter de ça, mais comme on est un peu curieux, on va voir un peu loin 😉

« Le lauryl éther sulfate de sodium est une petite molécule amphiphile composée d’un corps hydrophobe et d’une tête hydrophile, il désagrège les bicouches lipidiques membranaires par rupture des associations hydrophobes.»

Ah mais c’est quoi ce truc, on comprend rien ! Pas de panique, on décortique tout.

Molécule amphiphile composée d’un corps hydrophobe et d’une tête hydrophile : Ca veut dire qu’on a une partie qui est attirée par l’eau et une partie qui n’aime pas l’eau (donc qui aime le gras).

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il désagrège les bicouches lipidiques membranaires par rupture des associations hydrophobes : Bon, bicouches lipidiques, on sait pas trop ce que c’est, mais on comprend que c’est du gras. « Rupture des associations hydrophobes », ça veut donc dire que la partie lipophile de plusieurs molécules s’associe à un petit morceau de gras en l’entourant, la partie hydrophile restant vers l’extérieur de cette construction. On a donc du gras au milieu des molécules tensioactives, qui permettent de détacher des petits bouts de gras et de les disperser dans l’eau. Voilà ce que veut dire « rupture des associations hydrophobes » : on a cassé le gras en petits bouts. (C’est d’ailleurs pour ça qu’on peut se laver les cheveux avec un œuf : il fait une mayonnaise avec le sébum. Yummy ! 😀 )

 tensioactif

 

Là, on a appris ce qu’était un tensioactif. Intéressant non ?

Après, c’est du blabla scientifique, on peut s’en passer.

Tout en bas, on découvre un nouveau mot : «éthoxylation ». On clique donc pour tout savoir sur l’éthoxylation ! Yeah ! Je ne retiens que la partie du bas ici : sécurité environnementale et sanitaire. Je vous laisse juger, c’est pas folichon :/

 

Bon, ça c’est si on veut de l’info précise et qu’on veut en savoir plus sur la chimie derrière. Si on veut juste savoir la fonction et la nature (origine synthétique ou naturelle) des ingrédients il y a plus simple.



Comment analyser la composition d’un produit rapidement et simplement ?


Dans un premier temps, on va voir sur laveritésurlescosmétiques.com. C’est le site de Rita Stiens, qui a écrit le livre du même nom (que je n’ai pas lu mais qui est apparemment très bien). Je vous conseille vivement de parcourir ce site très utile, notamment pour comparer des produits et détecter le greenwashing.

En allant dans l’onglet « la recherche INCI », on accède à un outil permettant de « vous informer sur un composant cosmétique particulier ou de déterminer le profil complet d’un produit. »

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L’accès à la base de données se fait grâce à un moteur de recherche auquel on accède via le bouton « Maintenant c’est parti ! Commençons notre recherche ».

Ensuite, on tape les trois premières lettres de son ingrédient, par exemple pour « sodium lauroyl sarcosinate » (l’ingrédient qui vous reconduira à la frontière !) on tape « sod » et on tombe sur la liste de tous les ingrédients répertoriés commençant par ces trois lettres. On fait un petit ctrl+F pour trouver notre ami et on clique sur « ajouter cet INCI ».

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S’ouvre alors la « fiche produit », avec la note, le nom de l’ingrédient, son origine et des remarques. Notre ami a droit à trois smileys qui sourient, c’est une très bonne note qui signifie que c’est un ingrédient sain. Quant à l’origine, « provenance diverse » n’est pas une information très précise. En faisant « chercher un autre INCI », l’analyse de l’ingrédient suivant se fait à la suite du premier.

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Là, on a donc la fiche produit complète, y a pas mal de smileys souriants, ce qui est assez chouette pour un produit conventionnel.


Cela dit, on n’a pas appris grand-chose sur l’origine des composants. C’est pourquoi je vous conseille vivement de chercher les noms des ingrédients que vous voulez mieux connaître dans Google pour en apprendre plus. Moi  en tout cas j’adore y passer du temps, mais je comprends aussi qu’on ne soit pas forcément intéressés par le côté technique et qu’on veuille juste savoir si un ingrédient est « correct » ou pas.

Dans la même veine, nous avons l’observatoire des cosmétiques qui possède un moteur de recherche, à droite sur la page d’accueil. On va dans l’onglet « ingrédient » et on rentre le nom INCI de celui qu’on veut.

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J’ai par exemple cherché rhamnose, parce que je ne savais absolument pas ce que c’était. La vérité sur les cosmétiques m’a appris que c’était un arôme qui peut être de provenance diverse.  Bon. L’observatoire des cosmétiques me permet d’en savoir un peu plus sur son origine et ses fonctions. Quant à la page Wikipédia, j’ai laissé tomber, appelez-moi si vous y captez quelque chose ^^


Au final, je dirais que le plus important, c’est de se faire confiance. Je vois beaucoup de gens sur internet dire des choses comme « j’y connais rien en compo » ou « je suis pas chimiste », « j’y comprends rien ». Je pense que ça paraît hyper compliqué et obscur aux gens, qu’ils s’imaginent qu’il faut des heures de lectures et tout savoir par coeur, alors qu’en fait c’est vraiment simple ! Internet est vraiment une mine d’or et il n’y a pas besoin de chercher très loin pour trouver de l’info, de la plus basique à la plus complète. Et à force de lire, on finit par retenir beaucoup de choses.

 

Et maintenant, un petit jeu ! Lequel de ces deux gels douche achèteriez-vous ? 😀

 

Aqua (Water), Ammonium lauryl sulfate, Glycerin, Cocamidopropyl betaine, Caprylyl/capryl glucoside, Yogurt powder, Prunus Amygdalus Amara (Bitter Almond) Kernel Oil, Aloe barbadensis leaf juice powder*, Cedrus Atlantica (Atlas Cedar) Bark Oil*, Sodium chloride, Benzyl Alcohol, Sodium benzoate, Potassium sorbate,Benzoic Acid, Citric acid, Sodium Hydroxide.

Aqua, sodium laureth sulfate, laureth-2, lauryl glucoside, cocamidopropyl betaine, PEG-200 hydrogenated glyceryl palmitate, PEG-7 glyceryl cocoate, polyquartenium-7, parfum, sodium chloride, prunus dulcis, hydrogenated lecithin, polyglyceryl-3 diisostearate, glycerin, glyceryl stearate, xanthan gum, styrene/acrylates copolymer, sodium lauryl sulfate, butylene glycol, DMDM hydantoin, iodopropynyl butylcarbamate, tetrasodium EDTA, citric acid, sodium hydroxide.


Allez, on s’y met tous et on devient des pros de la compo !

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Cinquante nuances de greenwashing

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J’ai une confession à vous faire : j’ai coloré mes cheveux chimiquement pendant plusieurs années. On fait tous des erreurs n’est-ce pas ? J’étais ravie à chaque fois que je sortais de chez ma coiffeuse le cheveu bien roux, brillant, siliconé et brushingué. Mais ça, c’était avant. Avant que je commence à voir d’un œil suspicieux les picotements sur mon crâne et à ne plus supporter l’odeur atrocement chimique qui se développait pendant le temps de pose. J’ai espacé de plus en plus les séances, pour finir par ne plus y aller du tout.

Grand bien m’en a pris. C’est relativement connu maintenant, les colorations chimiques sont de vraies bombes. En plus de contenir des ingrédients à procédé de fabrication très polluant, elles polluent encore les eaux lors du rinçage et peuvent provoquer cancer et allergies.

Bien que le lien entre colorations chimiques et cancer n’aie pas été clairement établi, on connait le potentiel fortement allergène de certaines substances.

Deux exemples :

La PPD (p-phénylènediamine de son petit nom) permet une couverture optimale des cheveux blancs et est présent dans les teintures les plus foncées. Cet ingrédient est aussi connu pour être l’allergène présent dans les tatouages au henné noir (très moches au demeurant) souvent proposés en bord de plage. La PPD est interdite dans les substances destinées au contact direct avec la peau, ne cédez jamais à l’attrait de cet attrape touriste, encore moins si c’est un enfant qui le réclame… à moins de vouloir en garder le souvenir à vie. Douleur, sensation de brûlure, rougeur, cloques… les réactions peuvent se faire attendre une à deux semaines, mais ne manquent pas de se faire sentir. Dans les produits capillaires, il est autorisé à raison de 6% maximum et représente un potentiel risque pour les personnes sensibles.

L’avantage, c’est que vous avez un tatouage permanent à moindres frais…

Autre substance à fort potentiel allergène, la résorcine ou 1.3-Di-Hydroxybenzene– est également un perturbateur endocrinien soupçonné de favoriser certains cancers. Elle est normalement interdite mais autorisée sous certaines conditions, notamment dans les colorations à raison de 2.5% maximum.

 Ce ne sont que deux ingrédients parmi d’autres et on se doute que le reste ne va pas être très folichon non plus. Bonne nouvelle, ce n’est pas une fatalité ! Il existe des colorations exemptes d’ingrédients allergisants, respectueuses de votre santé et de l’environnement. J’ai nommé, les colorations végétales.

Qu’est-ce qu’une coloration végétale ?

C’est une coloration naturelle issue de plantes séchées et réduites en poudre. La plus connue est le henné (lawsonia inermis) mais il existe beaucoup de plantes et de mélanges différents permettant d’obtenir une gamme de couleurs variées.

Elles sont la plupart du temps présentées sous forme de poudre, généralement verte pouvant tirer vers le marron, d’odeur végétale pouvant faire penser au thé vert, à mélanger avec de l’eau avant l’application.

Malheureusement, il faut bien qu’il y ait un mais, le tableau était trop idyllique…

Allez, vous vous en doutez non ? … Non ?

Pour ne pas changer, certaines marques profitent encore et toujours de la méconnaissance du grand public des colorations végétales et font du greenwashing à gogo en proposant des produits pseudo-naturels mais qui ne diffèrent en rien des pires colorations chimiques.

Prenons par exemple la marque de coloration Herbatint.

Allons visiter leur site : http://www.herbatint.fr/

Sans surprise… c’est vert, on a l’habitude maintenant 😀

La marque ne s’affiche pas comme étant naturelle à proprement parler mais joue sur l’ambigüité avec sa dénomination : gel colorant permanent aux extraits végétaux.

Déjà, comme vous êtes des petits lecteurs intelligents, vous aurez bien noté le mot gel et vous savez, puisque je vous l’ai dit juste avant et que vous êtes attentifs, qu’une coloration végétale, c’est en principe sous forme de poudre. Premier indice.

Ensuite, on voit une jolie dame avec de beaux cheveux noirs corbeau, à nouveau la mention d’extraits végétaux puis une précision sur ceux-ci : aloe vera et limnanthes alba. Ce sont de vraies plantes, là n’est pas le problème, mais aucune des deux n’a de pouvoir colorant. On voit donc l’argument commercial gros comme une maison. Sans ammoniaque, sans paraben, sans résorcine. Bien bien.

Image suivante : couvre les cheveux blancs. Ok, les colorations naturelles font ça, mais, rappelez-vous notre amie PPD… Doux et facile à appliquer. Rien à dire, les colos végétales aussi, mêmme si on peut avoir un doute quant au « doux ».

Pouvoir éclaircissant de deux tons. Là, on dit stop in the name of love. Les colorations naturelles ne permettent pas de faire ça. Ici, plus de doute. Pour éclaircir les cheveux, il faut obligatoirement en passer par la chimie. Si vous lisez ça sur une coloration qui se dit naturelle, reposez le paquet.

Ensuite, on a toute une page qui nous décrit les 5 (waaah *_*) extraits végétaux présents dans les colorations Herbatint. Aucun d’entre eux n’a, encore, de pouvoir colorant.

Au cas où on aurait encore des doutes, on peut se diriger vers la page utilisation, qui nous demande de mélanger un gel colorant et un révélateur contenant  de l’eau oxygénée. Dans la FAQ, on peut aussi lire que « La teneur en PPD (p-phénylenediamine ou 1,4-diaminobenzène) est comprise entre 0,8% (pour les tons clairs ex : 10) et 1,2% (pour les tons foncés ex : 1) / jusqu’à 6% dans les teintures classiques », alors que la page d’accueil affiche la mention « sans PPD ». Je me suis faite avoir comme une bleue, puisque cette mention concerne la coloration Vegetal Color, qui est une coloration semi permanente s’estompant en plusieurs shampoing, et moins couvrante (logique, puisqu’il n’y a pas de PPD). Cependant, si j’ai pu me faire avoir en ayant étudié le site un minimum, imaginez ce qu’un œil  moins averti peut comprendre en lisant vite. Impossible de ne pas y voir une volonté, encore une fois, d’entretenir la confusion.

Bon, c'est écrit gros... Mais quand-même !

Bon, c’est écrit gros… Mais quand-même !

Nous sommes donc en présence d’un produit de coloration tout à fait classique contenant les mêmes ingrédients que toute coloration que vous pourriez faire chez le coiffeur ou acheter au supermarché.

Un certain nombre d’autres marques jouent sur l’ambigüité pour tromper le client comme 3 Chênes, Phyto Color, Beliflor, Martine Mahé… On les retrouve même parfois en magasin bio ou en pharmacie. Restez méfiants, restez attentifs, utilisez vos petits yeux, lisez les emballages.

A quoi ressemble une vraie coloration végétale ?

Prenons une marque reconnue et pionnière en la matière : Logona.

Je vous ai choisi la nuance la plus claire, vous allez voir pourquoi.

On peut lire sur la boîte « Pour des cheveux blonds clairs à blonds moyens – n’éclaircit pas – »

Première phrase de la description : « La teinte obtenue s’obtient par ajout à la couleur initiale des cheveux, il n’est donc pas possible d’éclaircir les cheveux. »

Là, on a tout. Une vraie coloration naturelle ne contient pas de peroxyde d’hydrogène et ne permet donc pas d’éclaircir les cheveux. Si on applique cette coloration sur un cheveux plus foncé que la teinte, on obtiendra des reflets blonds, mais certainement pas du blond platine.

Les conseils d’utilisation :
« Les soins colorants LOGONA se présentent sous forme de poudre. Vous activez la composition avec de l’eau chaude, vous appliquez ensuite la pâte obtenue sur vos cheveux mouillés, en commençant par les racines. Temps de pause : 1 à 2 heures. »

Ca se passe de commentaire. 🙂

Ingrédients (je suis allée les chercher sur le site de Logona parce celle affichée sur le site commercial n’est pas la bonne) :

poudre de fleurs d’hibiscus, poudre de racine de rhubarbe, poudre de cassia, poudre de henné bio*, protéines de blé, huile de jojoba bio*, alginate, mélange d’huiles essentielles

Des plantes, de l’extrait d’algue pour la texture, des huiles essentielles pour le soin et l’odeur. Pas besoin de conservateur, pas besoin de révélateur, pas besoin de décolorant, pas besoin de greenwashing, que du frais, du pur, du bio, du sans danger.

Cela dit, attention. Ce n’est pas parce que quelque chose est naturel que c’est sans danger pour vous. Faites toujours un test d’allergie dans le pli du coude pendant 24 heures si vous avez un terrain allergique.

Hormis ça, allez-y sans crainte.



Petit résumé rien que pour vous :

Ce qui doit vous faire fuir : Trop de vert, une liste d’ingrédients à rallonge, des produits à mélanger, la mention « éclaircissant », moins d’une heure de pose, des mises en gardes concernant les allergies, une forte odeur de produits chimiques.

Vous pouvez y aller si : C’est Logona, vous devez mélanger de la poudre et de l’eau, ça sent bon les plantes, il est précisé « n’éclaircit pas », ça nécessite au moins une heure de pose, vous arrivez à prononcer les noms des ingrédients.


Ça vous est déjà arrivé de vous faire avoir par une fausse coloration naturelle ? Ça vous étonne ou vous êtes blasés de tout ce greenwasing à force ? ^^

Se laver les cheveux autrement

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Maintenant qu’on sait que le gel douche, c’est quand-même assez dégueu, on se doute que pour le shampoing, ça va pas être mieux…


On se fait une petite compo pour se faire plaisir ? I know you want it 😀

On va le choisir chez The Body Shop cette fois-ci, marque connue et reconnue pour ses produits d’origine naturelle son greenwashing.

Le shampoing banane :

Flambé au rhum, ça vous dit ?

Bon, niveau greenwashing, ça va, à part l’étiquette verte et le nom du seul truc naturel écrit en gros, rien de fou.

Pour ce qui est des ingrédients en revanche…

Aqua (Solvent/Diluent), Sodium Laureth Sulfate (Surfactant), Musa Paradisica Fruit (Emollient/Lubricant), Glyceryl Hydroxystearate (Emollient), Lauramide DEA (Surfactant), Cocamidopropyl Betaine (Surfactant), Phenoxyethanol (Preservative), Benzyl Alcohol (Preservative), Sodium Benzoate (Preservative), Panthenol (Skin/Hair Conditioning Agent), Polyquaternium-7 (Hair Conditioner), Stearic Acid (Emulsifier), Sodium Chloride (Viscosity Modifier), Methylparaben (Preservative), Parfum (Fragrance), Citric Acid (pH Adjuster), Disodium EDTA (Chelating Agent), Butylparaben (Preservative), Ethylparaben (Preservative), Isobutylparaben (Preservative), Propylparaben (Preservative), Ascorbic Acid (Antioxidant), CI 19140 (Colour), CI 14700 (Colour).

Sodium laureth sulfate pour ne pas changer, la banane en troisième position quand-même mais bon… On retrouve nos amis parabènes, le phenoxyethanol et tout plein de produits dignes de se retrouver dans le réservoir de votre voiture. Y a pas de silicone, c’est déjà ça, mais bon… Vendre ça 8 euros alors que ça vaut pas mieux qu’un pauvre shampoing Fructis à 2.50 euro, c’est un peu du fichage de gueule.

Je vais pas vous parler de shampoing bio parce que j’avais envie de vous surprendre un peu. Ouais, chuis comme ça moi. Alors quoi ?


Par quoi peut-on remplacer le shampoing ?


L’œuf : Oui mesdames et messieurs, de l’oeuf ! Il est naturellement tensioactif, c’est-à-dire qu’il dissout le gras dans l’eau, c’est le même principe que la mayonnaise. A utiliser entier pour les cheveux normaux ou seulement le jaune pour les cheveux secs et fragiles. Le battre et le mélanger avec un peu d’eau avant utilisation. Laisser agir quelques instants et rincer à l’eau fraiche (au risque de vous trouver avec de l’omelette sur les cheveux 😛 ). Les cheveux sont nettoyés tout en douceur et l’odeur part en séchant, promis 😉

Tu me rhassoules !

Le rhassoul : C’est une argile originaire du Maroc, récoltée au pied du mont Atlas, utilisée traditionnellement par les marocaines pour le soin de leur peau et de leurs cheveux. Sous forme de poudre ou de petites plaques, il suffit de le mélanger à de l’eau chaude pour obtenir une sorte de boue lavante très douce et onctueuse. Appliquée sur le cuir chevelu, elle en absorbera le sébum tout en douceur le temps de quelques minutes de pause. Sans tensioactif, le rhassoul ne moussera pas mais saura nettoyer efficacement le cuir chevelu et l’aider à réguler sa production de sébum progressivement.

Les poudres ayurvédiques

Les indiennes savent comment prendre soin de leur chevelure dense et luxuriante. Elles ont trouvé dans la nature tout ce dont elles avaient besoin pour laver en douceur leurs cheveux et en prendre soin. Mélangées à de l’eau pour en faire une pâte onctueuse, les poudres de plantes indiennes  nettoieront le cuir chevelu en douceur et apporteront aux cheveux leurs bienfaits particuliers et peuvent être mélangées pour combiner ces effets. En raison de leur effet légèrement asséchant sur les cheveux, il est conseillé de les associer à des ingrédients hydratants comme l’aloé vera ou le miel.

Le shikakai : Ce mot signifie « fruit pour les cheveux ». Il s’agit en effet du fruit de la plante acacia concinna, qui est, comme on l’aura compris, une variété d’acacia, qui pousse en Inde centrale. La saponine naturellement présente dans le shikakai nettoie la chevelure et la fortifie. Elle rendra les cheveux doux et brillants et aidera à en favoriser la pousse.

Le sidr : (Et pas le cidre, on va pas se prendre une cuite 😀 ) Les feuilles de jujubier, séchées et mises en poudre permettent de laver les cheveux, en ayant l’avantage de ralentir le dégorgement des couleurs végétales. Sa richesse en mucilages (substance gélifiante) rend le sidr facile et agréable à appliquer.

Le reetha : Ca, vous connaissez, c’est les noix de lavage utilisées pour laver le linge. Spécialement recommandée pour les cheveux regraissant vite, elle produit une mousse dense et onctueuse.

Le henné : Le henné naturel (lawsonia inermis, le colorant) et le henné neutre (cassia obovata) sont tous deux purifiants et protecteurs. Ils débarrassent le cuir chevelu de son excès de sébum tout en fortifiant et épaississant la chevelure en l’enveloppant d’une couche protectrice.

L’utilisation des poudres ayurvédique ne ressemble pas du tout à celle d’un shampoing normal. Il ne s’agit pas d’étaler la pâte, qui a plutôt tendance à accrocher le cheveu. La meilleure méthode consiste à l’appliquer tête penchée vers le bas, pour bien atteindre les racines. Appliquer une petite quantité sur une partie du crâne, masser un peu, puis appliquer sur une autre partie et ainsi de suite jusqu’à ce que tout le crâne soit recouvert. Il est inutile d’étendre sur les cheveux, ils seront lavés grâce à l’écoulement lors du rinçage. Laisser poser quelques minutes puis rincer soigneusement en passant les doigts dans les cheveux jusqu’à ne plus sentit aucune particule. S’il en reste quand-même, elles partiront une fois les cheveux secs à l’aide d’un bon brossage.



Fleurs de saponaire

C’est pas meugnon ces petites fleurs ?

Si vous préférez les plantes bien de chez nous, on trouve aussi la saponaire (saponaria officinalis), dont les fleurs et le rhizome contiennent naturellement de la saponine. On en fait une décoction que l’on verse ensuite sur les cheveux. Elle est idéale pour laver les cheveux fragiles en douceur et en particulier ceux des enfants.

La décoction de lierre permet également de se laver les cheveux en douceur. Elle a en revanche tendance à faire foncer les cheveux au fil des utilisations.

Pour faire une décoction, faire bouillir une bonne poignée de saponaire ou une cinquantaine de feuilles de lierre hachées, dans 50 cl d’eau  (départ eau froide) pendant une dizaine de minutes. Filtrer et laisser refroidir puis verser sur le cuir chevelu et masser comme pour un shampoing normal.


Vous voyez qu’on peut se passer de shampoing ! En plus c’est ludique, pas cher et écologique, que demander de plus ? Vous connaissiez toutes ces méthodes ? Vous en connaissez d’autres ?

Qu’y a-t-il dans mon gel douche ?

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Vous êtes-vous déjà demandé ce qui se cache sous les noms imprononçables des ingrédients de vos cosmétiques amoureusement achetés dans votre supermarché préféré ?

Ma belle-soeur ne se l’est visiblement jamais demandé (si jamais tu me lis, je t’aime bien, hein 😀 ). J’ai fais le tour de tout ce qu’elle laisse dans la salle de bain de mes parents et je suis tombée sur une petite merveille. Chouette, me suis-je dit, ça sera parfait pour mon blog, je vais pouvoir parler de greenwashing !

Le greenwashing, qu’est-ce que c’est ? Il s’agit d’une technique de marketing qui consiste à faire passer pour naturel un produit qui ne l’est pas du tout. En surfant sur la vague des cosmétiques d’origine naturelle de plus en plus en vogue, les marketteux incitent le consommateur à acheter leur produit en pensant faire une bonne action pour leur santé et pour la planète.

Pour cela, c’est très simple, il suffit de tout miser sur le visuel. En premier, on met du vert. Le vert, ça évoque tout de suite la nature, les feuilles, des choses saines et naturelles. Ca marche aussi avec du marron. On met aussi de la feuille, un peu de fleurs, une jolie blonde qui court dans les champs de blés pour la pub et c’est bon. Ensuite, on rassure le consommateur ! On joue sur ses peurs (bouuh, les méchants parabènes !). Moi, produit qui ne veux que ton bien, je ne contiens pas de parabènes. Moi, produit qui ne veux que ton bien, je ne contiens pas de phtalates. Moi, produit qui ne veux que ton bien je ne contiens pas de conservateurs. Moi, produit qui ne veux que ton bien, je ne contiens pas de colorant. On se retrouve donc avec des listes longues comme un jour sans pain (coucou mamie !) d’ingrédients qui ne se trouvent pas dans le produit, histoire qu’on oublie ce qui s’y trouve vraiment. ‘Sont malins hein ? Toujours pour jouer sur les mots, on met des mots comme pur, bio, nature, natural, green, (oui, ‘sont polyglottes en plus nos amis marketteux !), O% (de quoi, on sait pas, mais y a 0% !) et on fait ressortir les actifs naturels présents à 0,000042% genre extrait naturel de quetsche ou phytostérols de rhododendron. Certains vont même jusqu’à inventer des pseudo labels histoire de bien nous prendre pour des jambons. Oui oui.

Oh le bel exemple !

Regardez-moi ça comme c’est beau, y a tout ! Un design épuré, du vert, de la feuille, du 0%, des ingrédients qui n’y sont pas et la mise en avant des extraits naturels. Manque plus que le faux label et c’est bon !

 

Donc, pour revenir à nos moutons, qu’y a-t-il dans le gel douche de ma chère belle-soeur ? Déjà, observons la bête :

Je suis 100% bio, mets-moi sur ta peau !

Je suis 100% bio, mets-moi sur ta peau !

La part belle est faite aux images d’éléments naturels qui occupent environ la moitié de l’étiquette ! On a des feuilles, des morceaux de pêche, une pêche entière, un noyau de pêche et de l’amande et encore des feuilles. Bon. Juste au dessus, on voit écrit en vert « recette du jardin ». Là, j’ai envie de dire loule. Passons au nom de la marque : nectar of nature. Tiens, je l’avais oublié ce mot, nectar. Avec son petit of en vert, ce nom nous évoque toutes les merveilles de la nature précieusement récoltées (au jardin, ne l’oublions pas !) et rassemblées dans un merveilleux produit de soin. Ensuite on a l’évocation de la douceur et de la crème et enfin les noms d’extraits végétaux, lait d’amande et pulpe de pêche. Voilà qui promet !

 

Maintenant, on tourne le joli flacon et on lit, tels des chimistes chevronnés, ce qui se cache vraiment à l’intérieur…

Ben c’est pas joli joli. On ne compte pas moins de 35 (!) ingrédients, et pas des moindres. J’ai mis en vert ceux qui sont d’origine naturelle. Ils sont au nombre de 9 et pour la plupart en deuxième partie de liste, donc en concentration moindre, les ingrédients étant placés par ordre décroissant de concentration :

AQUA, SODIUM LAURETH SULFATE, GLYCERIN, LAURYL GLUCOSIDE, PEG-200 HYDROGENATED GLYCERYL PALMATE, COCAMIDOPROPYL BETAINE, PARFUM, PEG 7 GLYCERYL COCOATE, GLYCOL DISTEARATE, LAURETH-4, STYRENE/ACRYLATES COPOLYMERE, POTASSIUM SORBATE, SODIUM CHLORIDE, PPG-1-PEG-9 LAURYL GLYCOL ETHER, CITRIC ACID, POLYQUATERNIUM-7, PROPYLENE GLYCOL, PRUNUS AMYGDALUS DULCIS OIL, METHYLISOTHIAZOLINONE, CETEARYL GLUCOSIDE, PRUNUS PERSICA FRUIT EXTRACT, FORMIC ACID, PHENOXYETHANOL, SODIUM BENZOATE, BENZOIC ACID, XANTHAN GUM, GLYCERYL STEARATE SE, SORBIC ACID, SODIUM HYDROXIDE, POLYAMINOPROPYL BIGUANIDE, DEHYDROACETIC ACID, Linalool, Limonène, CI 47005, CI 14700.

 

Entrons dans le vif du sujet et analysons tout ça ensemble. Qu’est-ce qui se cache derrière tous ces noms d’oiseaux ? :

Aqua : Ben, c’est de l’eau quoi. Elle constitue probablement la moitié de notre produit. Elle sert à diluer les tensioactifs et à augmenter le volume de la préparation.

Sodium laureth sulfate (SLS) : Tensioactif (qui sert à nettoyer donc) puissant particulièrement irritant, desséchant et polluant. Il est présent dans la plupart des cosmétiques du commerce car il est peu cher. Il est obtenu en mettant en contact de l’oxyde d’éthylène, qui est un gaz puissant, avec des alcools et des phénols.

Glycerin : C’est de la glycérine. Elle peut être d’origine végétale (issue de la saponification) ou de fabrication industrielle. Elle sert à maintenir l’hydratation de la peau.

Lauryl glucoside : Tensioactif d’origine végétale très doux et non irritant issu de l’huile de coco et du maïs, agréé par le label bio ecocert. Il est en quantité assez importante puisqu’il n’est que troisième de la liste donc il adoucit un peu le SLS.

Les PEG (polyéthylèneglycols) : Je ne les ai pas tous listés, mais il y en a 3 différents dans notre liste. Le nombre à côté correspond à la texture de la substance (plus ou moins épaisse). Ils servent d’humectants, c’est-à-dire à ce que ni le produit ni votre peau ne s’assèche. Ils sont issus de la pétrochimie. Considérés comme non nocifs en soi, mais l’observatoire des cosmétiques dit ceci : « La plupart sont plutôt bien tolérés par la peau, mais quelques-uns sont dotés d’un potentiel irritant s’ils sont utilisés en grandes quantités. Quelques-uns ont également la propriété d’accroître l’absorption par l’épiderme des autres composés présents dans les cosmétiques, en le rendant plus perméable.Ils sont principalement critiqués du fait de leur procédé de fabrication, un des plus polluants de la cosmétique pour l’environnement, et ils s’avèrent d’autre part assez difficilement biodégradables. Ce qui rend ces composés vraiment très peu écologiques… »

Donc on nous dit que c’est pas dangereux mais que ça peut rendre la peau perméable et permettre l’absorption de substances qui elles sont nocives. Pardon mais moi, c’est ma définition d’un produit dangereux… De plus leur procédé de fabrication est très polluant.

Cocamidopropyl betaine : C’est un tensioactif secondaire qui sert à obtenir une belle mousse. Il est plus doux que le SLS et en atténue les effets décapants. Formé à partir d’huile de coco et de diméthylaminopropylamine qui est un composé d’origine industrielle. Celle-ci s’avère allergisante s’il en reste des résidus dans le produit fini.

Parfum : Comme son nom l’indique, il sert à parfumer le produit. Il peut être d’origine naturelle (huiles essentielles, extraits aromatiques naturels…) ou industrielle. Ici il est vraisemblablement synthétique.

Glycol distearate : Obtenu à partir d’éthylène glycol (qui est, entre autres, de l’antigel pour lave glace) et d’acide stéarique issu de graisse animale. Il est émollient, hydratant, émulsifiant et viscosant (donne de la structure au produit). Il n’y a à ce jour pas d’informations quant à son éventuelle toxicité pour la peau ou les yeux.

Laureth-4 : C’est un composé éthoxylé comme les PEG qui peut donc être contaminé au dioxane (irritant et potentiellement cancérigène) résiduel formé lors de sa production. Il sert d’émulsifiant, d’agent viscosant, facilite le rinçage du produit et permet d’obtenir une texture crémeuse. Il est généralement présent à raison de 1 à 5% du produit fini, ce qui signifie que tous les ingrédients indiqués après dans la liste INCI ont une concentration inférieure. (Notez qu’on n’a toujours pas vu notre pêche et notre amande…)

Styrene/acrylates copolymer : Les polymères sont obtenus à partir de silicium et d’oxygène, ils remplacent les silicones dans les produits justement dits sans silicone (camarades on vous MENT !) et remplissent la même fonction. Ils forment un film sur la peau ou les cheveux pour les lisser et obtenir l’effet doux et sain attendu (mais ne contribuent pas à l’hydratation, c’est du maquillage). Ils ne sont pas dangereux pour la santé car leurs molécules sont trop grosses pour passer la barrière cutanée et ils s’éliminent au lavage, il n’y a donc pas de risque d’accumulation. Cela dit, ils polluent l’eau du fait de leur non biodégradabilité.

Potassium sorbate : C’est un sel organique, conservateur doux autorisé en cosmétique bio et dans l’alimentaire (E202). Il inhibe la formation de moisissures, levures et microorganismes dans les produits contenant de l’eau. Il est sans danger pour la santé. Sa concentration maximale autorisée dans un produit cosmétique est de 0,6% (et on n’a toujours pas vu la pêche et l’amande !).

Sodium chloride : C’est du sel de table, celui que vous mettez dans l’eau des pâtes 😀 Il sert d’épaississant et à masquer l’odeur de base d’un produit. Il est sans danger pour vous ou pour la nature.

Citric acid : On reconnait là l’acide citrique, qui est donc l’acide du… citron, bravo ! Il sert à réguler le PH de la préparation de sorte à ce qu’elle soit adaptée à la peau qui est naturellement acide (5,5 de PH en moyenne). Il est naturel, biodégradable et sans aucun danger pour la santé.

Polyquaternium-7 : Les « quats » (le chiffre juste après signifie qu’un quat a été découvert plus ou moins récemment) sont issus de la pétrochimie et agissent eux aussi comme les silicones en formant un film lisse et doux sur la peau ou les cheveux. C’est, encore une fois, du maquillage. Ils ne sont pas biodégradables, irritants pour la peau et leur procédé d’obtention est très polluant.

Propylène glycol : Encore et toujours issu de la pétrochimie… Il sert d’humectant (retient l’eau dans le produit et sur la peau) et d’agent de texture. Concernant sa toxicité, wikipédia nous dit ceci : « Il peut […] être allergène lorsque mis en contact avec la peau et notamment provoquer un eczéma de contact (par exemple lors de l’utilisation de crèmes dermiques utilisées pour traiter l’herpès labial). » « Le propylène glycol peut présenter une toxicité indirecte en tant que solvant capable de solubiliser un grand nombre de produits issus de la chimie organique (éventuellement toxiques ou perturbateurs endocriniens) et ainsi faciliter leur pénétration au travers des muqueuses […]. » Il est tout de même considéré comme non toxique à faible dose, mais n’oubliez pas que vous pouvez le retrouver également dans votre shampoing, nettoyant visage, savon pour les mains, démaquillant… ce qui peut entraîner une toxicité par effet d’accumulation.

Prunus amygdalus dulcis oil : L’huile d’amande douce ! Alléluia, on l’a trouvée ! 19ème position, autant vous dire qu’elle est en concentration moindre (moins de 1%). Eh oui, ça coûte cher une bonne huile végétale, on va pas gâcher… Elle est ici pour nourrir et adoucir la peau et surtout pour l’argument commercial, bien sûr. Noyée dans tout ce pétrole, n’espérez pas qu’elle ait un quelconque effet sur votre peau.

Methylisothiazolinone : Rien que le nom fait peur. ^^ Lui, il est pas drôle. Encore un argument commercial : c’est le conservateur remplaçant des fameux parabènes tant décriés sauf que, je vous le donne en mille… il ne vaut pas mieux. Il est très irritant, fortement allergène et aggrave l’eczéma. Même à faible dose. Tapez son nom dans Google, vous verrez ça par vous-même.

Cetearyl glucoside : C’est un émulsifiant d’origine végétale à base de sucre et d’un alcool gras. Il est très doux et autorisé par le label bio Ecocert. Il sert à mélanger le peu d’huile d’amande douce au reste du produit. Forcément, il en faut pas beaucoup. 😀

Prunus persica fruit extract : L’extrait de pêche ! Halleluia bis. 😀 Il est censé être adoucissant, mais comme pour l’amande, il n’est là que pour l’argumentation commerciale étant donné sa très très (très (très) très) faible concentration.

Formic acid : Acide formique de son petit nom, il est produit par les fourmis en guise de défense. Evidemment, on ne pourrait pas en prélever assez pour satisfaire les besoins de l’industrie cosmétique, donc on a appris à le fabriquer synthétiquement. C’est un conservateur sans danger pour l’humain ou pour la planète.

Phenoxyethanol : Encore un conservateur chimique décrié. Très irritant, il peut provoquer de l’eczéma et de l’urticaire. Il est potentiellement cancérigène et peut provoquer l’infertilité chez l’homme. Le seuil de toxicité est rarement atteint chez l’adulte, mais il augmente fortement chez l’enfant de moins de 3 ans et particulièrement les bébés, dont la peau est plus perméable. Il est très souvent présent dans les lingettes pour bébés, par mesure de précaution il est préférable d’éviter celles qui en contiennent.

Sodium benzoate : Encore un conservateur. Décidément… Il est d’origine synthétique mais autorisé par le label bio BDIH, donc a priori peu ou pas toxique.

Benzoic acid : C’est de lui qu’est issu le sodium benzoate, c’est aussi un conservateur synthétique autorisé par BDIH.

Xanthan gum : La gomme xanthane est un gélifiant d’origine naturelle, obtenu par la fermentation de sucre (amidon de maïs, glucose, sacharose…) par la bactérie xanthomonas campestris. L’absence d’indication de concentration maximale autorisée signifie qu’elle n’est pas toxique pour l’humain ou l’environnement aux doses où elle est habituellement employée.

Glyceryl stearate : D’origine naturelle, produit par l’estérification de glycérine et d’acide stéarique (qui peut être d’origine animale ou végétale, aucun moyen de savoir…). Il est employé comme émulsifiant et émollient. Il ne présente aucun effet indésirable pour la santé.

Sorbic acid : Conservateur (on commence à s’y faire…) doux d’origine végétale, autorisé par la charte BDIH. Il n’est pas toxique aux doses recommandées (0,6%).

Sodium hydroxide : C’est de la soude caustique, obtenue par électrolyse du chlorure de sodium. Elle sert ici à ajuster le PH. A forte dose elle est toxique pour l’humain et l’environnement, mais ici sa concentration est minime.

Polyaminopropyl biguanide & dehydroacetic acid : Encore des conservateurs (c’est lassant à force…) d’origine synthétique doux. L’acide déhydroacétique est autorisé en cosmétique bio.

Linalool, limonene : Ce sont des constituants de parfum, naturel ou pas. Ils sont naturellement présents dans les huiles essentielles et peuvent également être synthétisés. Ici ils sont probablement synthétiques et constituants du parfum présent en 7ème position dans la liste. Au vu de sa quantité il peut se révéler irritant pour la peau et les yeux et déclencher un eczéma de contact chez les personnes sensibles.

CI 47005, CI 14700 : Colorant jaune et colorant rouge, tous deux d’origine synthétique.

 

Pour résumer, nous sommes en présence d’un mélange de matières premières d’origine synthétique, essentiellement des tensioactifs, des agents de texture et des conservateurs irritants et/ou non écologiques, dans lesquels sont noyés nos deux pauvres extraits naturels présents à moins de 1%. Et ils osent appeler ça « recette du jardin » ?! Je sais pas vous, mais moi, j’ai pas ces trucs dans mon jardin ! En gros, c’est un peu comme si on se lavait avec de l’essence tout droit sortie de la pompe. Ca vous donne envie vous ?

Pour finir, je dirai juste une chose : apprenez à lire les étiquettes ! Ne vous laissez pas avoir par l’industrie cosmétique et ses promesses. L’industrie cosmétique n’est pas là pour prendre soin de vous, elle est là pour vendre et pour ce faire, elle n’hésitera pas à vous tromper sur la marchandise ! Soyez plus intelligents qu’elle et ne succombez pas à ses promesses. Soyez réalistes, soyez critiques et soyez intransigeants sur la qualité de ce que vous appliquez sur votre peau.

 

Vous le saviez qu’il pouvait y avoir tout ça dans vos gels douche ? Vous aviez déjà cherché la nature de leurs composants ? Ca vous donne envie de faire un peu plus attention à ce que vous achetez ?


Sources :
http://www.laveritesurlescosmetiques.com
http://www.naturavox.fr
http://www.observatoiredescosmetiques.com
wikipedia.org
leflacon.free.fr