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Archives de Catégorie: Cheveux

Le no-poo ou la révolution dans ta salle de bain

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Bonjour mes petits lecteurs.

Vous vous souvenez de moi ? 😀

Je peux tout vous expliquer : J’ai passé mes partiels puis mes rattrapages puis je suis partie en vacances. Mais je ne vous ai pas oubliés ! Et pour mon grand retour, je vous ai concocté avec amour un loong article qui je l’espère suffira à me faire pardonner.



Aujourd’hui, je vais parler de no-poo.

L’expression “no-poo” est l’abréviation de no shampoo, qui signifie pas de shampoing. Cette méthode a d’abord été inventée par la coiffeuse américaine Lorraine Massey, qui a constaté l’agressivité des shampoings sur ses cheveux bouclés.
Elle propose donc de se laver les cheveux uniquement avec de l’après-shampoing. Les cheveux sont alors à la fois nourris et lavés, grâce aux tensioactifs contenus dans l’après-shampoing (destinés à faciliter le rinçage du produit), ceci tout en douceur.

Elle est belle hein ?

Une variante de cette méthode, le low-poo, consiste à se laver les cheveux à l’après-shampoing la plupart du temps et de temps en temps utiliser du shampoing afin de débarrasser les cheveux d’éventuels résidus.
Dans tous les cas, il est primordial d’utiliser un produit exempt de silicones car ceux-ci étouffent le cuir chevelu et laissent des résidus.
Si cette méthode est particulièrement adaptée pour les cheveux frisés et secs, elle conviendra moins bien aux cheveux normaux et gras qui vont plutôt être alourdis.


Ce n’est donc pas de cette méthode que nous allons parler ici.

Nous, on va apprendre à nos cheveux à se passer complètement de tout produit lavant. Et ceci sans avoir l’air de s’être versé une friteuse sur la tête.

Il faut savoir qu’à la base, le cuir chevelu sait se réguler de lui-même. En effet, nous ne naissons pas avec une bouteille de shampoing dans la main ( :D) et le corps sait très bien tout seul ce qu’il a à faire. Le problème c’est que, souvent dès la naissance, on l’agresse régulièrement avec des produits contenant des tensioactifs dignes de se retrouver dans les produits de nettoyage industriel les plus efficaces. Résultat, il produit du sébum pour se défendre, donc on relave, donc il re-produit du sébum et c’est le cercle vicieux qui s’installe. On finit par se retrouver avec des cheveux de type racines-grasses-pointes-sèches, qui sont en fait des cheveux agressés par des shampoings trop détergents et trop fréquents.
Avec le no poo, on va apprendre au cuir chevelu à retrouver son équilibre naturel progressivement. Rome ne s’est pas faite en un jour, alors ça demande de la patience et de la persévérance bien sûr, mais ça vaut le coup.


L’espacement

Le cuir chevelu n’a pas besoin d’être nettoyé tous les jours. Ni tous les deux jours. En fait, une fréquence de shampoing idéale serait d’un par semaine. C’est ce qu’on va chercher à obtenir dans un premier temps. Evidemment, on ne va pas serrer les dents et assumer de se balader avec les cheveux gras une partie de la semaine. On y va pro-gre-ssi-ve-ment.
On va rajouter progressivement un jour de plus sans se laver les cheveux. Si on les lave tous les jours (bouuh, pas bien), on passe à un jour sur deux, si on les lave un jour sur deux on passe à un jour sur trois etc. Au début, ça ne va pas être tous les jours la joie, mais vraiment, j’insiste un peu sur ça mais c’est important, il faut de la patience. Les cheveux ont été habitués à être agressés régulièrement et recouverts de silicone, ils vont mettre du temps à se déshabituer. Pour éviter que les cheveux continuent à être agressés et avancer un peu plus vite, on remplace son shampoing par un bon shampoing bio. Et non, un shampoing bio n’est pas forcément plus cher qu’un shampoing de supermarché, la preuve ici.

(Petite parenthèse : Beaucoup de gens trouvent que les shampoings bio abîment les cheveux et les rendent secs et emmêlés. C’est vrai… et faux en même temps. En fait, ils enlèvent les couches de silicone qui donnaient l’impression de cheveux lisses et sains, mais qui ne servaient en fait qu’à cacher la misère. Les shampoings bio révèlent juste la vraie nature des cheveux sous le maquillage des silicones. Dire qu’ils assèchent vos cheveux, c’est comme dire que le démaquillant vous donne des cernes et des boutons. Dans les deux cas, c’était déjà là avant :D. Les shampoings bio étant beaucoup plus doux que vos anciens shampoings, vos cheveux vont finir par se normaliser. Si besoin, un peu d’aloé vera ou d’huile avant le shampoing et ça repart :))


Le shampoing sec

Pour patienter et rester présentable entre les shampoings, on peut faire un shampoing sec. Ce n’est pas un shampoing à proprement parler puisqu’il ne nettoie pas vraiment les cheveux, il en absorbe le sébum et permet de tenir un à deux jours de plus. On peut utiliser un shampoing sec du commerce, ceux en spray sont assez pratiques mais contiennent des cochonneries (et trouent la couse d’ozone !) et sont assez chers.

Votre nouvelle amie !

Je vais vous révéler un secret : il existe un shampoing sec pas cher, facile à trouver, efficace et sans danger, que vous avez peut-être déjà chez vous : la fécule de maïs, plus commue sous le nom de Maïzena. N’importe quelle autre fécule peut faire l’affaire d’ailleurs (pomme de terre, arrow root…). Son avantage est qu’elle est très fine et douce et s’élimine très facilement et elle n’assèche pas les cheveux (contrairement aux argiles par exemple…).
Pour l’utilisation, c’est très simple. Une petite cuillère à café de poudre, qu’on répartit bien au niveau des racines, tête en bas, en haut, sur le côté. On masse un peu, on attend quelques minutes et on brosse bien partout dans tous les sens. Les cheveux sont visiblement moins gras et un peu plus légers. On a gagné au moins un jour sur son rythme de shampoings. Yay \o/


Le brossage

C’est le geste essentiel. Il aide à démêler les cheveux bien sûr, mais aussi à répartir le sébum sur les longueurs pour les nourrir. C’est un geste vraiment important de la méthode qui permet de gagner un demi-jour voire un jour sur le shampoing. Des cheveux paraissant un peu lourds (sans être non plus luisants de sébum) vont ainsi prendre un aspect plus léger et frais. Pour un brossage efficace, on choisit une brosse en poil de sanglier ou en poils synthétiques, l’essentiel étant qu’elle ait des poils pour bien répartir le sébum. On peut éventuellement utiliser un peigne en bois ou corne ou une brosse à picots en bois pour le démêlage, mais par pitié, jetez vos horribles brosses en métal, ce sont les pires ennemies de vos cheveux. Pour revenir à nos moutons, on brosse donc bien ses cheveux matin et soir, efficacement mais pas trop énergiquement non plus. On part bien des racines jusqu’aux pointes, on passe sur le dessus de la tête, au niveau des tempes, de la nuque, on se penche en avant, on relève la tête, on passe bien partout partout. Ça a l’air long comme ça, mais ça ne prend pas plus de deux minutes en réalité. Une fois qu’on a fait ça, on nettoie bien sa brosse en enlevant les cheveux avec un peigne et en la passant à l’eau tiède et au savon et on laisse sécher jusqu’à la prochaine utilisation. C’est important de la nettoyer après chaque brossage pour éviter de redéposer sur vos cheveux toutes les poussières, la pollution et le sébum que vous en avez enlevé d’une fois sur l’autre.

Oui je sais, c'est du grand art !

Oui je sais, c’est du grand art…

Voilà toutes les clefs pour espacer ses shampoings. Evidemment, ça va prendre du temps. Pour vous donner un ordre d’idée, il m’a fallu 6 mois pour espacer mes lavages d’une semaine grâce aux méthodes ci-dessus. Je suis partie d’un lavage tous les quatre jours, j’y suis allée à la bourrine parce que j’ai « forcé » un peu les choses en passant mes week-end avec les cheveux gras+++. Ce qui me donnait donc lavage le lundi, shampoing sec le vendredi et week end en mode friteuse, puis on repart. 😀 Si on ne le sent pas de passer plusieurs jours avec les cheveux gras, pas besoin de se l’imposer, hein. 🙂

Ayé ? Vous avez réussi, vous ne vous lavez les cheveux qu’une fois par semaine sans avoir l’air de revenir de la piscine la plupart du temps ? On peut intégrer une nouvelle étape, même deux, qui vont vous aider à espacer encore plus vos shampoings.


Le lavage au bicarbonate de soude

bicarOn ne l’introduit qu’à ce moment-là car même s’il est absolument sans danger, il peut se révéler un peu asséchant si utilisé trop souvent. Une fois par semaine devrait donc être un maximum. Encore une fois, c’est tout simple, un à deux cuillères à soupe, on ajoute un peu d’eau pour faire une pâte, on applique sur cheveux mouillés et on rince. Ça ne mousse pas, c’est normal. De toute façon, c’est pas la mousse qui lave (la mousse ça devrait plutôt vous faire peur en fait, ça veut dire que le produit est très agressif). Pour le répartir facilement, on se met la tête en bas pour décoller les racines et pouvoir l’appliquer partout. On n’en met pas sur les longueurs, c’est inutile et agressif, l’écoulement lors du rinçage suffit à les nettoyer. Penser à bien bien rincer, toujours tête en bas, en passant les doigts dans les cheveux.
Le nom peut faire peur comme ça, mais en fait il est très gentil. Son ph légèrement basique permet de réguler celui du cuir chevelu, ce qui évite notamment les pellicules qui sont dues à un PH trop acide. Mieux vaut du bicarbonate fin, qui ait l’apparence du sucre glace. Ça permet de faire une belle pâte qui se répartit et se rince facilement. On préfèrera ainsi le bicarbonate alimentaire, plus fin et plus raffiné que celui destiné au ménage.
Si on a peur du bicarbonate, qu’il ne convient pas à nos cheveux ou qu’on veut encore les laver plus d’une fois par semaine, on peut tenter d’autres méthodes que je vous ai déjà présentées ici. A ce stade, il est préférable d’utiliser ces shampoings alternatifs plutôt que ceux du commerce même bio car on veut que les cheveux puissent s’en passer.
Après le lavage au bicarbonate, il est essentiel de faire un dernier rinçage à l’eau vinaigrée. Ceci va compenser le côté basique du bicarbonate et faire briller vos cheveux en resserrant leurs écailles, ainsi que les débarrasser du calcaire (comme dans le layering). Pour cela, choisissez du bon vinaigre de cidre ou du vinaigre blanc (que je trouve moins asséchant, mais testez sur vous). On en met une à deux cuillères à soupe dans un demi-litre d’eau et on verse sur le crâne en laissant couler sur les longueurs. On peut rincer légèrement ou pas. On peut y ajouter de l’huile essentielle, celle d’ylang-ylang est adaptée à tous les types de cheveux, celle de géranium également. On peut utiliser celle de lavande ou de citron pour les cheveux à tendance grasse. On en rajoute deux à trois gouttes, pas plus, dans son petit mélange et on secoue bien.


L’étape ultime : le water-only

Comme son nom l’indique, il s’agit d’un lavage de cheveux à l’eau uniquement. C’est la dernière étape, le but ultime que l’on cherche à atteindre : ne plus utiliser aucun produit pour se laver les cheveux. Au début, il sert à espacer les lavages, puis il deviendra petit à petit le seul ami de vos cheveux.
C’est, à mon sens, la partie la plus compliquée de la méthode. En effet, les cheveux ne s’adapteront pas tout de suite et auront besoin d’une longue période pour s’habituer à être propres sans produit. Au début, très honnêtement, c’est un peu la catastrophe. Les cheveux ressortent gras, poisseux, lourds et on demande ce qu’on est venu faire dans cette galère. Mais à force de persévérance, ça finit par marcher !
Pour commencer, il vaut mieux le faire quand les cheveux commencent à peine à regraisser, ça fait moins de sébum à enlever. On peut le faire à la place d’un shampoing sec. (Au pire on peut en faire un après si ça n’a pas marché.) L’idée, donc, c’est de simplement passer ses cheveux à l’eau en massant le cuir chevelu comme pour un shampoing normal. Inutile d’y aller trop fort au risque de se retrouver avec un sac de nœuds, on frotte simplement en passant les doigts sous les cheveux au niveau des racines. Comme la dame ci-dessous :

Je me lave les cheveux hihihi !

Je me lave les cheveux hihihi !

On fait ça à l’endroit puis à l’envers, eau tiède puis eau froide, puis un rinçage à l’eau vinaigrée.
Si les cheveux paraissent poisseux juste après, c’est peut-être rattrapable : bien les brosser pendant le séchage (à l’air libre de préférence). Je ne sais pas si le brossage permet de répartir le sébum qu’il restait ou si les cheveux ou les poils de la brossel’absorbent, mais en tout cas ça marche bien. Bien aérer les cheveux aussi en passant les doigts dedans tête baissée (on passe beaucoup de temps la tête en bas avec le no-poo 😀 ).
Au début donc, faire ceci sur cheveux peu gras pour se familiariser avec la méthode, puis le faire sur cheveux un peu plus gras, jusqu’à essayer de remplacer un lavage au bicarbonate par le water only une fois sur deux.


Le mois sans rien

Au bout d’un moment, on aura l’impression de stagner et de ne pas réussir à espacer d’avantage ses shampoings. C’est là qu’intervient le mois sans rien. Comme son nom l’indique, il s’agit de ne pas se laver les cheveux pendant un mois complet. On peut s’aider des shampoings secs et des water only et c’est tout. Pas de lavage au bicarbonate. Bien sûr, l’importance du brossage bi-quotidien est primordiale. Il vaut mieux attendre d’avoir espacé ses lavages d’au moins une, et même mieux deux semaines avant de tenter l’expérience, au risque de ne pas passer le mois. On brosse brosse brosse, on aère, on rince, on change sa taie d’oreiller très souvent et on garde ses cheveux attachés le plus possible et tout devrait bien se passer. Les jours où les cheveux ne paraissent pas très nets, on les case sous un foulard ou un chapeau, ça fait un look stylé pour l’été. 😀 Au terme de ce mois, les cheveux mettront beaucoup moins de temps à regraisser et on pourra gagner plusieurs jours de plus entre les lavages. Après ce mois sans rien, on fait un lavage normal au bicarbonate et on avise. Soit on reprend un rythme de lavage plus soutenu, qui le sera de toute façon moins qu’avant, soit si on repart pour un mois sans rien, voire on essaie de tenir encore plus longtemps !


Voilà, on y est, on n’a plus besoin de shampoing pour se laver les cheveux ! C’est magique ! Vous allez me demander, quel est l’intérêt ? Eh bien…

  • C’est économique. Plus besoin de shampoing ni d’après shampoing à 10 euros la bouteille. Ici, on fait avec des trucs qu’on a déjà chez soi et qui au besoin ne coûtent pas cher à l’achat (et vous serviront à plein d’autres trucs)
  • C’est écologique. On ne déverser plus de produits cracra à base de pétrole non biodégradables dans l’eau de la douche et ne les mets plus non plus sur sa tête. 🙂
  • Ca fait gagner du temps. Soyons honnêtes, peut-être pas dès le début où on commence à se familiariser avec la méthode. Mais progressivement, on se rend compte qu’on passe moins de temps dans sa salle de bain, ça fait plus de temps pour faire des choses intéressantes comme parler à votre mamie que vous avez pas appelée depuis deux mois ou recoudre ce bouton sur votre petit chemisier préféré.
  • On obtient des cheveux sains naturellement. Les cheveux n’ont besoin de rien d’autre qu’un peu d’amour et de leur sébum qui leur est spécialement adapté
  • On apprend à connaitre son corps. Vous le saviez vous que vos cheveux pouvaient s’améliorer sans avoir besoin de tout plein de produits différents ?

Voilà voilà, j’espère que ce petit topo vous a intéressés et pourquoi pas donné envie de vous lancer dans l’aventure !



Je ne pourrais terminer cet article sans mentionner la grande prêtresse du no poo, Ophélie, et ses deux articles quasi exhaustifs que je vous conseille vivement de lire : Le jour où j’ai arrêté de me laver les cheveux et No-poo, toutes les réponses à vos questions.
Et si vous voulez partager votre expérience et poser des questions, le groupe facebook No poo et water only est là pour ça !


Alors, prêts à jeter vos bouteilles de shampoings ? Vous me prenez pour une grosse crado ou ça va ? 😀

Cinquante nuances de greenwashing

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J’ai une confession à vous faire : j’ai coloré mes cheveux chimiquement pendant plusieurs années. On fait tous des erreurs n’est-ce pas ? J’étais ravie à chaque fois que je sortais de chez ma coiffeuse le cheveu bien roux, brillant, siliconé et brushingué. Mais ça, c’était avant. Avant que je commence à voir d’un œil suspicieux les picotements sur mon crâne et à ne plus supporter l’odeur atrocement chimique qui se développait pendant le temps de pose. J’ai espacé de plus en plus les séances, pour finir par ne plus y aller du tout.

Grand bien m’en a pris. C’est relativement connu maintenant, les colorations chimiques sont de vraies bombes. En plus de contenir des ingrédients à procédé de fabrication très polluant, elles polluent encore les eaux lors du rinçage et peuvent provoquer cancer et allergies.

Bien que le lien entre colorations chimiques et cancer n’aie pas été clairement établi, on connait le potentiel fortement allergène de certaines substances.

Deux exemples :

La PPD (p-phénylènediamine de son petit nom) permet une couverture optimale des cheveux blancs et est présent dans les teintures les plus foncées. Cet ingrédient est aussi connu pour être l’allergène présent dans les tatouages au henné noir (très moches au demeurant) souvent proposés en bord de plage. La PPD est interdite dans les substances destinées au contact direct avec la peau, ne cédez jamais à l’attrait de cet attrape touriste, encore moins si c’est un enfant qui le réclame… à moins de vouloir en garder le souvenir à vie. Douleur, sensation de brûlure, rougeur, cloques… les réactions peuvent se faire attendre une à deux semaines, mais ne manquent pas de se faire sentir. Dans les produits capillaires, il est autorisé à raison de 6% maximum et représente un potentiel risque pour les personnes sensibles.

L’avantage, c’est que vous avez un tatouage permanent à moindres frais…

Autre substance à fort potentiel allergène, la résorcine ou 1.3-Di-Hydroxybenzene– est également un perturbateur endocrinien soupçonné de favoriser certains cancers. Elle est normalement interdite mais autorisée sous certaines conditions, notamment dans les colorations à raison de 2.5% maximum.

 Ce ne sont que deux ingrédients parmi d’autres et on se doute que le reste ne va pas être très folichon non plus. Bonne nouvelle, ce n’est pas une fatalité ! Il existe des colorations exemptes d’ingrédients allergisants, respectueuses de votre santé et de l’environnement. J’ai nommé, les colorations végétales.

Qu’est-ce qu’une coloration végétale ?

C’est une coloration naturelle issue de plantes séchées et réduites en poudre. La plus connue est le henné (lawsonia inermis) mais il existe beaucoup de plantes et de mélanges différents permettant d’obtenir une gamme de couleurs variées.

Elles sont la plupart du temps présentées sous forme de poudre, généralement verte pouvant tirer vers le marron, d’odeur végétale pouvant faire penser au thé vert, à mélanger avec de l’eau avant l’application.

Malheureusement, il faut bien qu’il y ait un mais, le tableau était trop idyllique…

Allez, vous vous en doutez non ? … Non ?

Pour ne pas changer, certaines marques profitent encore et toujours de la méconnaissance du grand public des colorations végétales et font du greenwashing à gogo en proposant des produits pseudo-naturels mais qui ne diffèrent en rien des pires colorations chimiques.

Prenons par exemple la marque de coloration Herbatint.

Allons visiter leur site : http://www.herbatint.fr/

Sans surprise… c’est vert, on a l’habitude maintenant 😀

La marque ne s’affiche pas comme étant naturelle à proprement parler mais joue sur l’ambigüité avec sa dénomination : gel colorant permanent aux extraits végétaux.

Déjà, comme vous êtes des petits lecteurs intelligents, vous aurez bien noté le mot gel et vous savez, puisque je vous l’ai dit juste avant et que vous êtes attentifs, qu’une coloration végétale, c’est en principe sous forme de poudre. Premier indice.

Ensuite, on voit une jolie dame avec de beaux cheveux noirs corbeau, à nouveau la mention d’extraits végétaux puis une précision sur ceux-ci : aloe vera et limnanthes alba. Ce sont de vraies plantes, là n’est pas le problème, mais aucune des deux n’a de pouvoir colorant. On voit donc l’argument commercial gros comme une maison. Sans ammoniaque, sans paraben, sans résorcine. Bien bien.

Image suivante : couvre les cheveux blancs. Ok, les colorations naturelles font ça, mais, rappelez-vous notre amie PPD… Doux et facile à appliquer. Rien à dire, les colos végétales aussi, mêmme si on peut avoir un doute quant au « doux ».

Pouvoir éclaircissant de deux tons. Là, on dit stop in the name of love. Les colorations naturelles ne permettent pas de faire ça. Ici, plus de doute. Pour éclaircir les cheveux, il faut obligatoirement en passer par la chimie. Si vous lisez ça sur une coloration qui se dit naturelle, reposez le paquet.

Ensuite, on a toute une page qui nous décrit les 5 (waaah *_*) extraits végétaux présents dans les colorations Herbatint. Aucun d’entre eux n’a, encore, de pouvoir colorant.

Au cas où on aurait encore des doutes, on peut se diriger vers la page utilisation, qui nous demande de mélanger un gel colorant et un révélateur contenant  de l’eau oxygénée. Dans la FAQ, on peut aussi lire que « La teneur en PPD (p-phénylenediamine ou 1,4-diaminobenzène) est comprise entre 0,8% (pour les tons clairs ex : 10) et 1,2% (pour les tons foncés ex : 1) / jusqu’à 6% dans les teintures classiques », alors que la page d’accueil affiche la mention « sans PPD ». Je me suis faite avoir comme une bleue, puisque cette mention concerne la coloration Vegetal Color, qui est une coloration semi permanente s’estompant en plusieurs shampoing, et moins couvrante (logique, puisqu’il n’y a pas de PPD). Cependant, si j’ai pu me faire avoir en ayant étudié le site un minimum, imaginez ce qu’un œil  moins averti peut comprendre en lisant vite. Impossible de ne pas y voir une volonté, encore une fois, d’entretenir la confusion.

Bon, c'est écrit gros... Mais quand-même !

Bon, c’est écrit gros… Mais quand-même !

Nous sommes donc en présence d’un produit de coloration tout à fait classique contenant les mêmes ingrédients que toute coloration que vous pourriez faire chez le coiffeur ou acheter au supermarché.

Un certain nombre d’autres marques jouent sur l’ambigüité pour tromper le client comme 3 Chênes, Phyto Color, Beliflor, Martine Mahé… On les retrouve même parfois en magasin bio ou en pharmacie. Restez méfiants, restez attentifs, utilisez vos petits yeux, lisez les emballages.

A quoi ressemble une vraie coloration végétale ?

Prenons une marque reconnue et pionnière en la matière : Logona.

Je vous ai choisi la nuance la plus claire, vous allez voir pourquoi.

On peut lire sur la boîte « Pour des cheveux blonds clairs à blonds moyens – n’éclaircit pas – »

Première phrase de la description : « La teinte obtenue s’obtient par ajout à la couleur initiale des cheveux, il n’est donc pas possible d’éclaircir les cheveux. »

Là, on a tout. Une vraie coloration naturelle ne contient pas de peroxyde d’hydrogène et ne permet donc pas d’éclaircir les cheveux. Si on applique cette coloration sur un cheveux plus foncé que la teinte, on obtiendra des reflets blonds, mais certainement pas du blond platine.

Les conseils d’utilisation :
« Les soins colorants LOGONA se présentent sous forme de poudre. Vous activez la composition avec de l’eau chaude, vous appliquez ensuite la pâte obtenue sur vos cheveux mouillés, en commençant par les racines. Temps de pause : 1 à 2 heures. »

Ca se passe de commentaire. 🙂

Ingrédients (je suis allée les chercher sur le site de Logona parce celle affichée sur le site commercial n’est pas la bonne) :

poudre de fleurs d’hibiscus, poudre de racine de rhubarbe, poudre de cassia, poudre de henné bio*, protéines de blé, huile de jojoba bio*, alginate, mélange d’huiles essentielles

Des plantes, de l’extrait d’algue pour la texture, des huiles essentielles pour le soin et l’odeur. Pas besoin de conservateur, pas besoin de révélateur, pas besoin de décolorant, pas besoin de greenwashing, que du frais, du pur, du bio, du sans danger.

Cela dit, attention. Ce n’est pas parce que quelque chose est naturel que c’est sans danger pour vous. Faites toujours un test d’allergie dans le pli du coude pendant 24 heures si vous avez un terrain allergique.

Hormis ça, allez-y sans crainte.



Petit résumé rien que pour vous :

Ce qui doit vous faire fuir : Trop de vert, une liste d’ingrédients à rallonge, des produits à mélanger, la mention « éclaircissant », moins d’une heure de pose, des mises en gardes concernant les allergies, une forte odeur de produits chimiques.

Vous pouvez y aller si : C’est Logona, vous devez mélanger de la poudre et de l’eau, ça sent bon les plantes, il est précisé « n’éclaircit pas », ça nécessite au moins une heure de pose, vous arrivez à prononcer les noms des ingrédients.


Ça vous est déjà arrivé de vous faire avoir par une fausse coloration naturelle ? Ça vous étonne ou vous êtes blasés de tout ce greenwasing à force ? ^^

Se laver les cheveux autrement

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Maintenant qu’on sait que le gel douche, c’est quand-même assez dégueu, on se doute que pour le shampoing, ça va pas être mieux…


On se fait une petite compo pour se faire plaisir ? I know you want it 😀

On va le choisir chez The Body Shop cette fois-ci, marque connue et reconnue pour ses produits d’origine naturelle son greenwashing.

Le shampoing banane :

Flambé au rhum, ça vous dit ?

Bon, niveau greenwashing, ça va, à part l’étiquette verte et le nom du seul truc naturel écrit en gros, rien de fou.

Pour ce qui est des ingrédients en revanche…

Aqua (Solvent/Diluent), Sodium Laureth Sulfate (Surfactant), Musa Paradisica Fruit (Emollient/Lubricant), Glyceryl Hydroxystearate (Emollient), Lauramide DEA (Surfactant), Cocamidopropyl Betaine (Surfactant), Phenoxyethanol (Preservative), Benzyl Alcohol (Preservative), Sodium Benzoate (Preservative), Panthenol (Skin/Hair Conditioning Agent), Polyquaternium-7 (Hair Conditioner), Stearic Acid (Emulsifier), Sodium Chloride (Viscosity Modifier), Methylparaben (Preservative), Parfum (Fragrance), Citric Acid (pH Adjuster), Disodium EDTA (Chelating Agent), Butylparaben (Preservative), Ethylparaben (Preservative), Isobutylparaben (Preservative), Propylparaben (Preservative), Ascorbic Acid (Antioxidant), CI 19140 (Colour), CI 14700 (Colour).

Sodium laureth sulfate pour ne pas changer, la banane en troisième position quand-même mais bon… On retrouve nos amis parabènes, le phenoxyethanol et tout plein de produits dignes de se retrouver dans le réservoir de votre voiture. Y a pas de silicone, c’est déjà ça, mais bon… Vendre ça 8 euros alors que ça vaut pas mieux qu’un pauvre shampoing Fructis à 2.50 euro, c’est un peu du fichage de gueule.

Je vais pas vous parler de shampoing bio parce que j’avais envie de vous surprendre un peu. Ouais, chuis comme ça moi. Alors quoi ?


Par quoi peut-on remplacer le shampoing ?


L’œuf : Oui mesdames et messieurs, de l’oeuf ! Il est naturellement tensioactif, c’est-à-dire qu’il dissout le gras dans l’eau, c’est le même principe que la mayonnaise. A utiliser entier pour les cheveux normaux ou seulement le jaune pour les cheveux secs et fragiles. Le battre et le mélanger avec un peu d’eau avant utilisation. Laisser agir quelques instants et rincer à l’eau fraiche (au risque de vous trouver avec de l’omelette sur les cheveux 😛 ). Les cheveux sont nettoyés tout en douceur et l’odeur part en séchant, promis 😉

Tu me rhassoules !

Le rhassoul : C’est une argile originaire du Maroc, récoltée au pied du mont Atlas, utilisée traditionnellement par les marocaines pour le soin de leur peau et de leurs cheveux. Sous forme de poudre ou de petites plaques, il suffit de le mélanger à de l’eau chaude pour obtenir une sorte de boue lavante très douce et onctueuse. Appliquée sur le cuir chevelu, elle en absorbera le sébum tout en douceur le temps de quelques minutes de pause. Sans tensioactif, le rhassoul ne moussera pas mais saura nettoyer efficacement le cuir chevelu et l’aider à réguler sa production de sébum progressivement.

Les poudres ayurvédiques

Les indiennes savent comment prendre soin de leur chevelure dense et luxuriante. Elles ont trouvé dans la nature tout ce dont elles avaient besoin pour laver en douceur leurs cheveux et en prendre soin. Mélangées à de l’eau pour en faire une pâte onctueuse, les poudres de plantes indiennes  nettoieront le cuir chevelu en douceur et apporteront aux cheveux leurs bienfaits particuliers et peuvent être mélangées pour combiner ces effets. En raison de leur effet légèrement asséchant sur les cheveux, il est conseillé de les associer à des ingrédients hydratants comme l’aloé vera ou le miel.

Le shikakai : Ce mot signifie « fruit pour les cheveux ». Il s’agit en effet du fruit de la plante acacia concinna, qui est, comme on l’aura compris, une variété d’acacia, qui pousse en Inde centrale. La saponine naturellement présente dans le shikakai nettoie la chevelure et la fortifie. Elle rendra les cheveux doux et brillants et aidera à en favoriser la pousse.

Le sidr : (Et pas le cidre, on va pas se prendre une cuite 😀 ) Les feuilles de jujubier, séchées et mises en poudre permettent de laver les cheveux, en ayant l’avantage de ralentir le dégorgement des couleurs végétales. Sa richesse en mucilages (substance gélifiante) rend le sidr facile et agréable à appliquer.

Le reetha : Ca, vous connaissez, c’est les noix de lavage utilisées pour laver le linge. Spécialement recommandée pour les cheveux regraissant vite, elle produit une mousse dense et onctueuse.

Le henné : Le henné naturel (lawsonia inermis, le colorant) et le henné neutre (cassia obovata) sont tous deux purifiants et protecteurs. Ils débarrassent le cuir chevelu de son excès de sébum tout en fortifiant et épaississant la chevelure en l’enveloppant d’une couche protectrice.

L’utilisation des poudres ayurvédique ne ressemble pas du tout à celle d’un shampoing normal. Il ne s’agit pas d’étaler la pâte, qui a plutôt tendance à accrocher le cheveu. La meilleure méthode consiste à l’appliquer tête penchée vers le bas, pour bien atteindre les racines. Appliquer une petite quantité sur une partie du crâne, masser un peu, puis appliquer sur une autre partie et ainsi de suite jusqu’à ce que tout le crâne soit recouvert. Il est inutile d’étendre sur les cheveux, ils seront lavés grâce à l’écoulement lors du rinçage. Laisser poser quelques minutes puis rincer soigneusement en passant les doigts dans les cheveux jusqu’à ne plus sentit aucune particule. S’il en reste quand-même, elles partiront une fois les cheveux secs à l’aide d’un bon brossage.



Fleurs de saponaire

C’est pas meugnon ces petites fleurs ?

Si vous préférez les plantes bien de chez nous, on trouve aussi la saponaire (saponaria officinalis), dont les fleurs et le rhizome contiennent naturellement de la saponine. On en fait une décoction que l’on verse ensuite sur les cheveux. Elle est idéale pour laver les cheveux fragiles en douceur et en particulier ceux des enfants.

La décoction de lierre permet également de se laver les cheveux en douceur. Elle a en revanche tendance à faire foncer les cheveux au fil des utilisations.

Pour faire une décoction, faire bouillir une bonne poignée de saponaire ou une cinquantaine de feuilles de lierre hachées, dans 50 cl d’eau  (départ eau froide) pendant une dizaine de minutes. Filtrer et laisser refroidir puis verser sur le cuir chevelu et masser comme pour un shampoing normal.


Vous voyez qu’on peut se passer de shampoing ! En plus c’est ludique, pas cher et écologique, que demander de plus ? Vous connaissiez toutes ces méthodes ? Vous en connaissez d’autres ?

Ingrédients de base de la cosmétique maison (3/3)

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Et c’est parti pour le troisième et dernier article de la série !

LES AUTRES INGREDIENTS

Non, mon image n'est pas moche...

Non, mon image n’est pas moche…

Les huiles végétales et les huiles essentielles, c’est très bien, mais dès qu’on va vouloir réaliser des préparations un peu plus élaborées, il va nous falloir réunir un peu plus de matos. Les ingrédients listés ci-dessous vous permettront de commencer à créer des choses simples et vous verrez, c’est tout de suite gratifiant. Rien que la fierté de voir son petit pot de préparation dans sa salle de bain et se dire « wouah, je l’ai fait moi-même », ça vaut tous les bon de réduction Yves Rocher du monde.

Allez, c’est parti ! Allons-y, let’s go ! :

La cire d’abeille : La cire d’abeille est produite, comme son nom l’indique, par les abeilles (jusque-là, vous suivez ? 😀 ) pour créer les alvéoles dans lesquelles elles stockeront le miel. Elle possède des propriétés hydrophobes et antibactériennes, ce qui en fait un ingrédient cosmétique très intéressant. Elle permet notamment de fabriquer des baumes et des rouge à lèvre (oui, on peut fabriquer son rouge à lèvres, je sais, c’est ouf) et d’enrichir des crèmes. Elle forme un film protecteur sur la peau, ce qui ralentit sa perte en eau et en prolonge donc l’hydratation. Elle est également nourrissante en raison de sa texture grasse. Si vous la choisissez non purifiée et non désodorisée, elle agrémentera vos préparations de son odeur miellée et de sa jolie couleur dorée.

 

Les hydrolats : Ca, vous connaissez déjà. Si si. L’eau de rose, de bleuet et de fleur d’oranger dans le placard de votre grand-mère… eh bien, ce sont des hydrolats ! L’hydrolat, c’est un peu le petit frère de l’huile essentielle. Il s’agit en fait du sous-produit de la distillation d’une huile essentielle. Petite explication en image :


En 1 et 2, on a l’eau chauffée qui se transforme en vapeur et passe ensuite à travers les plantes en 4.
En 5 nous avons notre vapeur d’eau chargée en molécules aromatiques qui va être refroidie grâce au serpentin plongé dans l’eau. (L’eau froide rentre en 6 et ressort chaude en 7).
La vapeur une fois redevenue liquide se déverse dans le récipient en 8 et nous avons donc notre hydrolat qui est séparé de l’huile essentielle en 9 grâce à un système de débordement (puisque rappelez-vous, les HE et l’eau ne se mélangent pas).
L’hydrolat est donc de l’eau contenant une partie des principes actifs de la plante distillée. Les propriétés d’un hydrolat ne correspondent pas forcément à celles de son huile essentielle, cependant les deux ont souvent des propriétés proches. Les hydrolats sont couramment utilisés pour les soins de la peau en lotion démaquillante ou apaisante et plus rarement par voie interne. Ils peuvent aussi faire partie de la phase aqueuse d’une crème (vous apprendrez plus tard, un peu de patience !).

 

La glycérine végétale : Pour vous parler de glycérine, il faut d’abord que je vous parle de savon. Pour faire du savon, il faut mettre en contact une ou plusieurs huiles végétales et de la soude… et paf, ça fait des chocapics du savon ! Lors de cette réaction chimique se forme la glycérine, que l’on peut soit laisser dans le savon, soit extraire pour obtenir un produit à part. Elle a une texture liquide assez épaisse, un peu comme du miel. Elle pour propriété d’être hygroscopique, c’est-à-dire qu’elle attire l’eau présente dans l’air, elle peut en absorber jusqu’à 25% de son volume ! On se doutera donc qu’elle constitue un excellent agent hydratant. Incorporée à une crème, un baume ou une lotion, elle aidera la peau et les cheveux à limiter leur perte en eau. Elle est adaptée à tous les types de peaux et ravira particulièrement les peaux les plus sèches. Son usage est conseillé à raison de 10% maximum du volume de préparation cosmétique, au-delà elle aura un effet desséchant.

 

Le gel d’aloé vera : Il mériterait un article pour lui tout seul ! L’aloé vera est une plante dite grasse ou succulente, en raison de ses feuilles gorgées d’eau pour lui permettre de survivre dans un milieu très sec, exactement comme le font les cactus. On coupe ses feuilles pour en récupérer le jus riche en vitamines, oligoéléments, enzymes et acides aminés puis on y ajoute un gélifiant afin d’en rendre l’usage cosmétique aisé. Le gel d’aloé vera est vraiment un indispensable de la cosmétique bio/naturelle. Grace à tous ses bons composants, il possède des propriétés hydratantes, apaisantes, matifiantes, antibactériennes, antiâges et cicatrisantes. Oui oui, tout ça. Appliqué sur un coup de soleil ou une brûlure il apportera un soulagement instantané et aidera la peau à se réparer rapidement. Après le rasage, il aidera à la cicatrisation des petites coupures et hydratera votre visage et vos cheveux au quotidien. Et bien d’autres encore… Il peut être employé pur ou en ajout dans vos préparations cosmétiques ou mélangé avec une huile et/ou des huiles essentielles. Pour éviter que la peau tiraille à l’application, il peut être judicieux de l’associer à votre huile végétale préférée.

 

Un beurre végétal : Les plus connus sont le beurre de karité et de cacao. Ce sont des corps gras solides qui fondent à la chaleur. Ils sont encore plus riches que de l’huile végétale et seront donc les alliés des peaux et des cheveux les plus secs. Ils peuvent être appliqués purs, incorporés à la phase huileuse d’une crème, ou entrer dans la composition de baumes de textures différentes selon leur composition. Les plus durs d’entre eux comme le beurre de cacao, de mangue ou de tucuma vous permettront de fabriquer des barres de massage solides pour le corps.

 

Un émulsifiant : Pour faire une crème, il faut de l’huile et de l’eau et pour mélanger de l’huile et de l’eau il faut… un émulsifiant. Il en existe de plusieurs sortes, qui permettent d’obtenir des crèmes de textures et de propriétés différentes en faisant aussi varier les huiles et leur pourcentage. Par exemple, une crème avec un fort pourcentage en eau aura un toucher plus frais et pénétrant qu’une crème avec un fort pourcentage d’huile et d’émulsifiant qui sera plus onctueuse et nourrissante. Celui que j’utilise est l’Olivem 1000, qui est un émulsifiant issu de l’huile d’olive. Il est très facile d’emploi et permet d’obtenir une assez grande variété de textures. Son nom officiel est Cetearyl olivate, Sorbitan olivate.

 

Bien sûr, comme je vous l’ai dit, cette liste est non exhaustive et je serai amenée à vous présenter d’autres ingrédients intéressants au fil du temps. Elle vous permettra néanmoins de constituer un kit de base que vous pourrez compléter au fil de vos découvertes et de vos envies. Ces ingrédients sont relativement peu chers et surtout multi-usages, ils vous permettront de réaliser des recettes variées et bien moins chères que les cosmétiques du commerce. La cosmétique maison est donc très économique si on se contente de quelques ingrédients bien choisis, mais elle peut aussi devenir une vraie passion et vous donner envie de posséder les ingrédients les plus récents et les plus technologiques et s’avérer prenante pour votre temps et votre porte-monnaie. A vous de déterminer vos envies et vos moyens. Dans tous les cas, la fabrication maison reste un moyen simple de savoir exactement ce qui se trouve dans vos cosmétiques et surtout de les personnaliser selon vos goûts, vos besoins et vos possibilités. C’est un domaine riche, varié et plein de possibilités qui s’offre à vous !


Vous connaissiez tous ces ingrédients ? Ca vous donne envie de vous y mettre ? Si vous voulez découvrir quelque chose en particulier, ou une recette spécifique, n’hésitez pas à me le dire en commentaire !

Ingrédients de base de la cosmétique maison (2/3)

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Le deuxième article de cette série palpitante sera dédié aux…

HUILES ESSENTIELLES

Avant de poursuivre la lecture, merci de lire les précautions relatives aux huiles essentielles.

Une huile essentielle est obtenue par la distillation d’une plante (fleurs, feuilles, racines ou écorce) ou par expression du zeste de son fruit dans le cas des agrumes (ce qui pique les yeux quand vous épluchez votre mandarine, c’est ça !).

Il s’agit d’un concentré de plante, elle constitue littéralement l’essence de la plante. Comme on peut s’en douter, les plantes ne produisent pas les huiles essentielles par pure gentillesse pour nous humains (ah bon ?) mais pour se défendre contre les éléments naturels auxquels elles sont confrontées. Ce sont en fait elles qui ont inventé l’aromathérapie ! Selon leur milieu de vie, les plantes n’ont pas les mêmes besoins, ce qui fait qu’une même plante peut produire des huiles essentielles aux propriétés sensiblement différentes selon l’endroit où elle a poussé.

Comme leur nom ne l’indique pas, elles ne sont pas grasses comme le sont les huiles végétales. Leur seul point commun avec celles-ci est qu’elles ne sont pas miscibles avec l’eau. En revanche, les deux se mélangent très bien et peuvent renforcer mutuellement leurs propriétés.

Lors de l’achat d’une huile essentielle, veillez à ce que figure sur le flacon la mention 100% pure et naturelle, qui vous assurera d’avoir un produit non dénaturé par des ajouts d’huiles minérales, de molécules de synthèse ou de diluants et exempt de pesticides ou autres produits chimiques. Doivent aussi figurer clairement le nom scientifique de la plante, les parties distillées, l’origine géographique, le type de culture (sauvage, biologique, conventionnelle) et son chémotype (type chimique). (Oui oui, tout ça sur un seul flacon !)

Vous pouvez vous fier aux grandes marques telles que Pranarôm, Florame, Phyto’Sun Aroms, Nature&Découvertes… qui sont gages de qualité. Les huiles essentielles peuvent  paraître chères à l’achat mais n’oubliez pas que ce sont des produits très concentrés et qu’elles s’utilisent donc en petites quantités, ce qui fait qu’un flacon peut vous durer plusieurs années conservé dans de bonnes conditions (hors de la lumière et de la chaleur). En revanche les essences d’agrumes ont une durée de conservation assez courte (un an environ), préférez les acheter en petite quantité.

Passons maintenant à leurs propriétés :

(Vous me verrez employer l’abréviation HE qui signifie… huile essentielle, pour ceux qui n’ont pas suivi, ceci afin d’éviter la redondance).

 

Lavande (lavandula angustifiola) : La star des huiles essentielles ! Si vous ne deviez en avoir qu’une, c’est celle-là, tant elle est polyvalente. Elle est très bien tolérée par toutes les peaux, même les plus sensibles. Elle convient aux peaux mixtes et grasses par son action antiseptique, et calmera efficacement les irritations, brûlures, coups de soleil et piqûres de moustique. Elle a également une action anti-stress et est redoutable contre les insomnies.

 

Arbre à thé, ou tea tree (melaleuca alternifolia) : C’est la meilleure amie des peaux mixtes et grasses. En effet, elle est redoutable contre la bactérie propionibacterium acnes, qui cause l’acné en se nourrissant du sébum présent sur la peau. (Miam miam !). A raison d’une goutte appliquée dès l’apparition d’un bouton, elle n’en fera qu’une bouchée. C’est une HE antibactérienne à large spectre et antifongique, qui aidera à lutter contre les mycoses et la transpiration odorante.

Citron (citrus limonum) : Il s’agit en fait d’une essence, puisqu’elle est obtenue mécaniquement par expression des zestes. Son odeur acidulée caractéristique met tout de suite de bonne humeur. Comme l’arbre à thé, elle aidera au traitement des peaux mixtes et grasses et a également pour propriété d’éclaircir le teint en le rendant plus lumineux. Attention, l’appliquer uniquement le soir, au moins 8 heures avant de s’exposer aux UV en raison de son action photosensibilisante pouvant entraîner une brûlure de la peau. En association avec une huile végétale, elle contribuera à rendre vos cheveux brillants et vos ongles plus forts.

 

Palmarosa (cymbopogon Martinii) : Encore une amie des peaux mixtes et grasses ! (Promis, y en aura d’autres après !). C’est une HE antifongique et antibactérienne puissante qui peut être associée à l’HE d’arbre à thé.  Cette dernière propriété en fait un déodorant très efficace en empêchant le développement des bactéries responsables des mauvaises odeurs, à raison d’une goutte sous chaque aisselle, elle développera son parfum fleuri et puissant au fil de la journée.

 

Rose (Rosa Damascena) : La toute première huile essentielle de l’histoire de l’aromathérapie ! Sa présence en très faible quantité dans la fleur (plus de trois tonnes de pétales sont nécessaires pour obtenir un kilo d’huile essentielle !) en fait une huile chère et précieuse. Elle est l’alliée des peaux matures en les aidant à préserver leur élasticité et leur fermeté grâce à son action régénérante sur les cellules de la peau.

 

Géranium (Pelargonium asperum (Rosat) ou pelargonium roseum (Bourbon) : Encore une HE polyvalente ! Astringente, antiseptique, cicatrisante, illuminatrice, stimulante, elle ravira toutes les peaux ! Elle régule également la production de sébum et constitue un excellent anti moustique associée à l’HE de citronnelle.

 

Ylang ylang (cananga odorata) : Cette huile essentielle à l’odeur fleurie et capiteuse ne vous laissera pas indifférent(e) ! Elle a un effet tonifiant sur tous les types de peux et aide à réguler le sébum. Elle aide également à lutter contre la chute des cheveux en tonifiant le cuir chevelu. En association avec l’HE de citron et l’huile de ricin elle aidera à renforcer les ongles.

 

Romarin (rosmarinus officinalis) : Une des HE préférées des cheveux. Appliquée en massage sur le cuir chevelu elle contribue à combattre la chute des cheveux, les pellicules et la surproduction de sébum. Elle est également revitalisante pour la peau, et notamment pour les peaux grasses qu’elle contribue à assainir. Elle favorise également la concentration chez les étudiants en diffusion aérienne.

 

Bay st Thomas (pimenta racemosa) : THE huile pour la pousse des cheveux ! En massages réguliers sur le cuir chevelu elle contribue vraiment à en stopper la chute et les faire pousser plus vite. Elle combat également la surproduction de sébum et les pellicules. A utiliser avec parcimonie en raison de sa puissance.

 

Sauge sclarée (salvia sclarea) : Tonifiante du cuir chevelu  et de la peau dont elle régule la production de sébum, elle lutte également contre les pellicules. Elle combat la transpiration excessive et développe tout son potentiel associée à l’HE de palmarosa dans les préparations déodorantes.

 

Voilà. Dès à présent, vous pouvez confectionner votre propre produit cosmétique ! (Hein, déjà ? Eh oui !) Choisissez pour commencer une ou deux HE qui vous intéressent, prenez votre petit porte-monnaie et courez vous les procurer. Ouvrez ensuite leur flacon et enivrez-vous de leur senteur puissante et aromatique. Puis versez une à deux gouttes de celle de votre choix dans le creux de la main que vous diluerez avec une huile végétale choisie pour ses propriétés. Si l’expérience vous plaît, vous pouvez faire de même avec l’autre, puis même les mélanger (soyons fous). Vous pourrez ensuite mélanger votre ou vos huiles essentielles à raison de 30 gouttes en tout à 50 ml d’huile végétale. Et voilà, votre premier produit de beauté maison ! C’était facile non ?😀