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Archives mensuelles : août 2014

The flacon code

Publié le

S’il est une chose que j’adore faire depuis que j’ai commencé ce blog, c’est bien les analyses de compositions. Si j’avais pas peur de vous saouler avec ça, je vous en sortirais une nouvelle toutes les semaines, y a tellement de choses à découvrir ! Selon les dires des deux seules personnes à avoir commenté l’article précédent (merci ❤ ), il semblerait  que ce soit apprécié, au moins par elles. C’est vrai que c’est toujours appréciable de savoir ce qui se cache derrière tous ces noms barbares que je regardais d’un œil intrigué quand j’étais petite. Evidemment, maman n’avait aucune idée de ce qu’ils désignaient et j’ai donc appris à ne pas me poser trop de questions et à faire confiance au fabricant de mon Garnier ultra doux à la camomille et de mon Tahiti à la noix de coco. Après tout, si on avait le droit de le vendre aux gens, c’est que ça ne posait pas de problème.

 

Hin hin.

 

Aujourd’hui donc, nous allons apprendre à être indépendants. Car croyez-le ou non, je ne suis pas née avec un doctorat de chimie dans la poche. En même temps j’avais pas de poche quand je suis née, donc ça aide pas. Bref. J’ai dû moi-même faire mes propres recherches et apprendre à aller trouver l’info là où elle se cache. Honnêtement, ce n’est pas si compliqué que ça. C’est relativement long selon la taille de la liste INCI de votre produit, mais c’est assez simple quand on a les bonnes clés.

 

Allez, c’est parti !

 

Comment je fais pour décrypter une composition ?

 

La liste d’ingrédients d’un produit cosmétique se trouve la plupart du temps au dos du flacon/tube/whatever ou sur l’emballage sous le nom INCI. INCI signifie International Nomenclature of Cosmetic ingredients, autrement dit nomenclature internationale des ingrédients cosmétiques. C’est une norme obligatoire en Europe depuis 1998 qui dit que tous les ingrédients d’un produit cosmétique doivent être relatés, par ordre décroissant de leur quantité. Autrement dit, plus en ingrédient est haut dans la liste, plus sa quantité est importante. En revanche, en dessous de 1% de concentration, les ingrédients n’ont pas à être dans l’ordre. C’est ce qui fait que les conservateurs sont la plupart du temps à la fin alors qu’ils sont souvent en plus grande quantité que certains actifs.

 

Pour ma petite démonstration, je me suis dit que ce serait intéressant de choisir un produit de pharmacie dit doux pour la peau : Atoderm gel douche, de la marque Bioderma, dont voici l’INCI :

AQUA/WATER/EAU, SODIUM LAURETH SULFATE, COCO-BETAINE, SODIUM LAUROYL SARCOSINATE, GLYCERIN, METHYLPROPANEDIOL, MANNITOL, XYLITOL, RHAMNOSE, FRUCTOOLIGOSACCHARIDES, COPPER SULFATE, SODIUM CHLORIDE, COCO-GLUCOSIDE, GLYCERYL OLEATE, DISODIUM EDTA, CAPRYLOYL GLYCINE, CITRIC ACID, SODIUM HYDROXIDE, FRAGRANCE (PARFUM). [BI 548V1]

Ce que je fais dans un premier temps, c’est lire la liste en diagonale. Ça me permet de juger de la qualité globale de la composition en y repérant les ingrédients que je connais à force de recherches. Vous aussi vous le pourrez bientôt 😀

Bon, en premier lieu, on a de l’eau, ce qui est tout à fait normal pour un produit liquide. Pas besoin de chercher, on sait ce que c’est. ^^

En deuxième position, on a notre ami sodium laureth sulfate. Lui, vous le connaissez, je vous en ai déjà parlé. Quand on le voit, on fuit. Mais avec le peu que je vous ai dit sur lui, il serait légitime de vouloir faire sa connaissance!

Je fais appel à mon ami Google, et voici ce que j’obtiens :

Compo1

Une belle liste de résultats. On va s’intéresser aux premiers d’entre eux. D’abord, notre ami wiki.

L’intro nous dit : « Le lauryl éther sulfate de sodium ou laureth sulfate de sodium, est un détergent et surfactant ionique fort, couramment utilisé en biochimie et biologie moléculaire. »

Bon, c’est un détergent fort. On pourrait se contenter de ça, mais comme on est un peu curieux, on va voir un peu loin 😉

« Le lauryl éther sulfate de sodium est une petite molécule amphiphile composée d’un corps hydrophobe et d’une tête hydrophile, il désagrège les bicouches lipidiques membranaires par rupture des associations hydrophobes.»

Ah mais c’est quoi ce truc, on comprend rien ! Pas de panique, on décortique tout.

Molécule amphiphile composée d’un corps hydrophobe et d’une tête hydrophile : Ca veut dire qu’on a une partie qui est attirée par l’eau et une partie qui n’aime pas l’eau (donc qui aime le gras).

compo5

il désagrège les bicouches lipidiques membranaires par rupture des associations hydrophobes : Bon, bicouches lipidiques, on sait pas trop ce que c’est, mais on comprend que c’est du gras. « Rupture des associations hydrophobes », ça veut donc dire que la partie lipophile de plusieurs molécules s’associe à un petit morceau de gras en l’entourant, la partie hydrophile restant vers l’extérieur de cette construction. On a donc du gras au milieu des molécules tensioactives, qui permettent de détacher des petits bouts de gras et de les disperser dans l’eau. Voilà ce que veut dire « rupture des associations hydrophobes » : on a cassé le gras en petits bouts. (C’est d’ailleurs pour ça qu’on peut se laver les cheveux avec un œuf : il fait une mayonnaise avec le sébum. Yummy ! 😀 )

 tensioactif

 

Là, on a appris ce qu’était un tensioactif. Intéressant non ?

Après, c’est du blabla scientifique, on peut s’en passer.

Tout en bas, on découvre un nouveau mot : «éthoxylation ». On clique donc pour tout savoir sur l’éthoxylation ! Yeah ! Je ne retiens que la partie du bas ici : sécurité environnementale et sanitaire. Je vous laisse juger, c’est pas folichon :/

 

Bon, ça c’est si on veut de l’info précise et qu’on veut en savoir plus sur la chimie derrière. Si on veut juste savoir la fonction et la nature (origine synthétique ou naturelle) des ingrédients il y a plus simple.



Comment analyser la composition d’un produit rapidement et simplement ?


Dans un premier temps, on va voir sur laveritésurlescosmétiques.com. C’est le site de Rita Stiens, qui a écrit le livre du même nom (que je n’ai pas lu mais qui est apparemment très bien). Je vous conseille vivement de parcourir ce site très utile, notamment pour comparer des produits et détecter le greenwashing.

En allant dans l’onglet « la recherche INCI », on accède à un outil permettant de « vous informer sur un composant cosmétique particulier ou de déterminer le profil complet d’un produit. »

compo2

L’accès à la base de données se fait grâce à un moteur de recherche auquel on accède via le bouton « Maintenant c’est parti ! Commençons notre recherche ».

Ensuite, on tape les trois premières lettres de son ingrédient, par exemple pour « sodium lauroyl sarcosinate » (l’ingrédient qui vous reconduira à la frontière !) on tape « sod » et on tombe sur la liste de tous les ingrédients répertoriés commençant par ces trois lettres. On fait un petit ctrl+F pour trouver notre ami et on clique sur « ajouter cet INCI ».

compo3

S’ouvre alors la « fiche produit », avec la note, le nom de l’ingrédient, son origine et des remarques. Notre ami a droit à trois smileys qui sourient, c’est une très bonne note qui signifie que c’est un ingrédient sain. Quant à l’origine, « provenance diverse » n’est pas une information très précise. En faisant « chercher un autre INCI », l’analyse de l’ingrédient suivant se fait à la suite du premier.

compo4

Là, on a donc la fiche produit complète, y a pas mal de smileys souriants, ce qui est assez chouette pour un produit conventionnel.


Cela dit, on n’a pas appris grand-chose sur l’origine des composants. C’est pourquoi je vous conseille vivement de chercher les noms des ingrédients que vous voulez mieux connaître dans Google pour en apprendre plus. Moi  en tout cas j’adore y passer du temps, mais je comprends aussi qu’on ne soit pas forcément intéressés par le côté technique et qu’on veuille juste savoir si un ingrédient est « correct » ou pas.

Dans la même veine, nous avons l’observatoire des cosmétiques qui possède un moteur de recherche, à droite sur la page d’accueil. On va dans l’onglet « ingrédient » et on rentre le nom INCI de celui qu’on veut.

compo6

J’ai par exemple cherché rhamnose, parce que je ne savais absolument pas ce que c’était. La vérité sur les cosmétiques m’a appris que c’était un arôme qui peut être de provenance diverse.  Bon. L’observatoire des cosmétiques me permet d’en savoir un peu plus sur son origine et ses fonctions. Quant à la page Wikipédia, j’ai laissé tomber, appelez-moi si vous y captez quelque chose ^^


Au final, je dirais que le plus important, c’est de se faire confiance. Je vois beaucoup de gens sur internet dire des choses comme « j’y connais rien en compo » ou « je suis pas chimiste », « j’y comprends rien ». Je pense que ça paraît hyper compliqué et obscur aux gens, qu’ils s’imaginent qu’il faut des heures de lectures et tout savoir par coeur, alors qu’en fait c’est vraiment simple ! Internet est vraiment une mine d’or et il n’y a pas besoin de chercher très loin pour trouver de l’info, de la plus basique à la plus complète. Et à force de lire, on finit par retenir beaucoup de choses.

 

Et maintenant, un petit jeu ! Lequel de ces deux gels douche achèteriez-vous ? 😀

 

Aqua (Water), Ammonium lauryl sulfate, Glycerin, Cocamidopropyl betaine, Caprylyl/capryl glucoside, Yogurt powder, Prunus Amygdalus Amara (Bitter Almond) Kernel Oil, Aloe barbadensis leaf juice powder*, Cedrus Atlantica (Atlas Cedar) Bark Oil*, Sodium chloride, Benzyl Alcohol, Sodium benzoate, Potassium sorbate,Benzoic Acid, Citric acid, Sodium Hydroxide.

Aqua, sodium laureth sulfate, laureth-2, lauryl glucoside, cocamidopropyl betaine, PEG-200 hydrogenated glyceryl palmitate, PEG-7 glyceryl cocoate, polyquartenium-7, parfum, sodium chloride, prunus dulcis, hydrogenated lecithin, polyglyceryl-3 diisostearate, glycerin, glyceryl stearate, xanthan gum, styrene/acrylates copolymer, sodium lauryl sulfate, butylene glycol, DMDM hydantoin, iodopropynyl butylcarbamate, tetrasodium EDTA, citric acid, sodium hydroxide.


Allez, on s’y met tous et on devient des pros de la compo !

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